Mes amis, l'heure est grave. Il est 01h02 du matin, et l'heure est grave. Cette félonne s'est accordée en drop D, et toutes les montres sont molles. L'heure est grave.
- Mais pourquoi ? Pourquoi, grand Maître? s'écria la foule en folie
Car j'écris ici et maintenant le centième billet d'Abet Cuces.
C'est aussi dans quelque jours les UN AN du webzine !
Suite à cette grande séquence émotion, à l'heure grave, mes amis, je vous annonce différentes choses à venir :
- Tout d'abord la migration possible voir probable dans les prochains mois d'Abet Cuces sur un domaine .com, mais aussi l'achat d'une machine à coudre les patchs et découdre les vêtements pour devenir le petit crust punk de mes rêves.
- Toujours plus de folies auditives pour les prochains jours avec le Saåad nouveau (ambient / drone), un live de KILLL (croisement bâtard entre Dødheimsgard et Darkspace conçu dans une rave-party), de la world music obscure, et beaucoup d'autres cochonneries.
- Une / des interview(s) décalées ainsi qu'une section dédiée aux mixtapes
- Et ça commence à faire beaucoup pour un seul homme, tout ça.
Alors nous y voilà. Un an, 100 articles, plus 15.000 visiteurs uniques... merci à tous !
Merci à ceux qui me lisent, aux labels qui m'envoient beaucoup de promo de qualité, merci aux groupes qui me soutiennent, ainsi qu'à mes proches. Merci aussi à ceux qui me crachent dessus, même si ils ne se bousculent pas au portillon, ces bestiaux là.
Je vous invite aussi à soutenir le zine sur les nouvelles pages facebook et twitter, qui sans en avoir l'air sont très importantes :
FACEBOOK - TWITTER
Mais assez de démagogie comme ça. Je pars quelques jours et vous laisse donc entre des mains aussi bonnes qu'odieuses qui vous corrigerons de toutes vos âneries, bande de sacripants :
Bien à vous,
Cleister Arowley
vendredi 28 décembre 2012
jeudi 27 décembre 2012
The Fiend Tape :: Mixtape
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Après la Heinous Tape, c'est encore un peu les fêtes sur Abet Cuces. Ce 99e article va enfoncer le clou qui avait déjà bien entamé vos oreilles il y a quelques jours. The Fiend Tape est plus qu'un petit revenez-y, c'est deux autres heures de Black Metal tiré par les cheveux, noir à en faire pâlir le néant et possédé comme les zombies de Braindead.
Tracklist :
1) Sönderriket - Skymningssaga för Canis Lupus
2) Arborist - Total Entarchy
3) Urfaust - Verflucht Das Blenden Der Erscheinung
4) Menace Ruine - Salamandra
5) Murmuüre - Amethyst
6) Alpha Drone - To Take Earth Back from Man
7) Sutekh Hexen - Isvar Savasana
8) Amocoma - Unending
9) Brobdingnagian - My Mouth Tastes Like Blood My Blood Tastes Like You
10) Failure Ritual - Failure Ritual
11) 폐허 - After The Aliens
12) Rhinocervs - Untitled (from RH-12)
13) Mosaic - Creator of the Stars
14) Circle of Ouroborus - Skyline Painter
15) Nuit Noire - Seed of Light
16) Pasteles -
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weird
mercredi 26 décembre 2012
Innercity Ensemble - Katahdin
S'adonner au petit plaisir de rejoindre les abonnés absents. L'isolation. L'isolation!
Dans les forêts, qu'elles soient de l'Est ou d'Amazonie centrale, une chose perdure, une émotion qui ne s'éteint jamais. Cette sorte de peur au ventre que l'on a en y entrant. Car tout vit, tout s'anime sans bouger, crépite sans flamber. Un loup ou un boa derrière chaque arbre, paré - et cet énergumène en pagne arrivant de nulle part et lui soufflant une fléchette imbibée de neurotoxine entre les deux yeux.
Mais pourtant... pourtant il neige !
Impossible de quitter son petit cache-sexe rouge dans cette immensité verte enneigée. Le sol et les caillasses sont noires, les enjamber est un effort de chaque seconde. Chaque pas me fait mal et je finis par retirer mes chausses. Ils sont là, sur les cimes. A courir sur la canopée gelée. Les percussions et les flûtes me semblent à présent magiques, mais je doute tout de même pouvoir déjà entr’apercevoir les déesses ancestrales qu'ils prient. Pas de chants - seuls des rythmes et des cornes au gré des vents. Qu'aurais-je donné alors, à ce moment, pour retrouver ma New-Orleans natale ?
Je fermais les yeux et déjà, leur étrange rite s'agrémentait des saxophones que rejouait ma mémoire maligne. Le goût de blé cru m'envahit la bouche et je me réveillais en sursaut. Ces gens étaient hors du temps et de l'espace.
L'Innercity Ensemble n'a d'urbain que le métal des cuivres. Le Jazz tranquille taille son chemin parmi d'étranges sonorités électroniques presque futuristes, sur fond de didgeridoo et de percussions réverbérées. On s'éloigne pas mal de tous les clichés de genres et de styles pour se retrouver perdu quelque part, entre la chaleur, l'humidité, la neige et l’ascenseur d'un vaisseau spatial. Un trip trop court qui tape dans les tripes.
Ce Katahdin me rappelle sous certains aspect la magie païenne de The Wicker Man et du travail culte de Paul Giovanni sur sa BO, tout en y incorporant des éléments modernes et d'improvisation. Les sept polonais derrière ce projet se seraient retrouvé à Bydgoszcz pour enregistrer cette courte merveille, où se mélangent electronique, guitare, trompette, flugelhorn, gongs... dans une espèce de continuité et de calme excité. A croire que Milieu L'acéphale est LE label à surveiller en ce moment !
Un vrai régal, tout aussi ovni-esque qu'un bon vieux Tartar Lamb!
Dans les forêts, qu'elles soient de l'Est ou d'Amazonie centrale, une chose perdure, une émotion qui ne s'éteint jamais. Cette sorte de peur au ventre que l'on a en y entrant. Car tout vit, tout s'anime sans bouger, crépite sans flamber. Un loup ou un boa derrière chaque arbre, paré - et cet énergumène en pagne arrivant de nulle part et lui soufflant une fléchette imbibée de neurotoxine entre les deux yeux.
Mais pourtant... pourtant il neige !
Impossible de quitter son petit cache-sexe rouge dans cette immensité verte enneigée. Le sol et les caillasses sont noires, les enjamber est un effort de chaque seconde. Chaque pas me fait mal et je finis par retirer mes chausses. Ils sont là, sur les cimes. A courir sur la canopée gelée. Les percussions et les flûtes me semblent à présent magiques, mais je doute tout de même pouvoir déjà entr’apercevoir les déesses ancestrales qu'ils prient. Pas de chants - seuls des rythmes et des cornes au gré des vents. Qu'aurais-je donné alors, à ce moment, pour retrouver ma New-Orleans natale ?
Je fermais les yeux et déjà, leur étrange rite s'agrémentait des saxophones que rejouait ma mémoire maligne. Le goût de blé cru m'envahit la bouche et je me réveillais en sursaut. Ces gens étaient hors du temps et de l'espace.
L'Innercity Ensemble n'a d'urbain que le métal des cuivres. Le Jazz tranquille taille son chemin parmi d'étranges sonorités électroniques presque futuristes, sur fond de didgeridoo et de percussions réverbérées. On s'éloigne pas mal de tous les clichés de genres et de styles pour se retrouver perdu quelque part, entre la chaleur, l'humidité, la neige et l’ascenseur d'un vaisseau spatial. Un trip trop court qui tape dans les tripes.
Ce Katahdin me rappelle sous certains aspect la magie païenne de The Wicker Man et du travail culte de Paul Giovanni sur sa BO, tout en y incorporant des éléments modernes et d'improvisation. Les sept polonais derrière ce projet se seraient retrouvé à Bydgoszcz pour enregistrer cette courte merveille, où se mélangent electronique, guitare, trompette, flugelhorn, gongs... dans une espèce de continuité et de calme excité. A croire que Milieu L'acéphale est LE label à surveiller en ce moment !
Un vrai régal, tout aussi ovni-esque qu'un bon vieux Tartar Lamb!
Libellés :
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mardi 25 décembre 2012
The Heinous Tape :: Mixtape
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Paraît-il que c'est Noël. On m'a dit que c'est une période de fêtes.
Je n'y crois pas tellement, mais allons, voici ma modeste offrande.
The Heinous Tape regroupe, selon mon jugement totalement impartial, les meilleurs projets de Black Metal barrés / bizarres / weird au plus grand malheur des petits et des grands.
C'est gratuit, aguichant, mais la question est : oserez-vous ?
Tracklist :
1) Decline of the I - L'indécision d'être
2) Stagnant Waters - Of Salt and water
3) Servile Sect - Privateer
4) Smohalla - Oracle rouge
5) Mamaleek - My Body Rock Long Fever
6) Qwertzuiop - XIV
7) Situs Magus - Oeuvre au Jaune
8) Panopticon - Bodies Under the Falls
9) Law of the Rope - Castles Made of Men
10) OEDE - Soper Hver En Krok
11) GGUW - Untitled
12) Kuxan Suum - Kinich Ahau
13) Yøga - Encante
14) Book of Sand - Failing through the Firmament
15) Dødsengel - Sun on Earth
16) Aluk Todolo - Occult rock V
17) White Moth - The sea was blue meadow
18) Zweizz & Joey Hopkins - Smash, Politics, Gag
19) La Secte du Futur - Gilles de X-Ray (Yussuf Jerusalem Cover)
Libellés :
black metal,
Decline of the I,
GGUW,
Kuxan Suum,
la secte du futur,
Law of the Rope,
Mamaleek,
mixtape,
OEDE,
Panopticon,
Servile Sect,
Situs Magus,
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the heinous tape,
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Yoga,
zweizz
vendredi 21 décembre 2012
Greyghost - Memoirs of Dementia
'Stay true to yourself; trust your intuition; use your head;
all of these self-empowering mantras turned to nothing but platitudes.'
Les entrailles de la démence guettent, les yeux exorbités. Sortant des tripes de la terre comme un coutelas perçant vos os - atteignant et sectionnant maintenant les synapses. Peut-être le ciel un jour, s'ouvrira. Peut-être n'est-il qu'une paupière fermée. Qui n'a jamais rêvé de voir le ciel ouvrir son œil, et se perdre dans sa pupille titanesque. Sûrement est-ce encore plus agréable que de se noyer - dans les yeux aux couleurs d'étouffement de cette magnifique créature, que vous ne pouvez chasser de votre tête. Elle est là, la démence. Le décès des folies préconçues. Hors du monde et hors du temps - je me demande ce que vous pouvez bien penser. J'aime voir les choses se répéter. Les gens qui entrent et sortent des bouches de métro à n'en plus finir. Indistinctes - leur apathie sonne comme un rayon amer et magnifique en moi. Les mêmes nuages recouvrir les villes et les mêmes câbles électriques alimenter nos ruches. Je suis certain de pouvoir entendre le courant crépiter dans les fils, attendant patiemment le malheureux couple orage-arbre dans le but de se faire couper.
L'agitation est à son paroxysme autour de moi, et j'aime à penser que je flotte. Trop captivés par leurs propres chaussures, ils ne me remarquent pas. Trop enfoncé dans ma tête, je ne le remarque pas non plus. Mais je me demande, souvent. Ils partent s'écouler dans leurs vies respectives, plus personne ne m'entend crier au calme, et dégueuler la contemplation. À l'arrivée, nous ne sommes plus que des mémoires. Et ces mémoires, inexplicables car nous sommes trop occupés à tuer les rêves qui envahissent notre cerveau au bord du gouffre, s’éteignent avec la dernière trace soupirée que nous laissons : une fine expiration.
Écouter Greyghost, c'est s'attaquer à l'ambient éthéré et atteindre un genre de pureté truffée de grésillements. Calme, lent et improvisé, l'artiste 36 m'est venu très rapidement à l'esprit, partageant beaucoup de sonorités avec greyghost. "Memoirs of Dementia" est un cri, ralenti à l'extrême et transformé par je ne sais quelle tour de passe-passe en musique. Mélange entre souvenirs familiaux, nostalgie et curiosité étrange de la démence sénile, on ne sait plus trop où se mettre. Si ce n'est quelque part entre les sons de cette magnifique tape qui s'exprime de manière très singulière.
Streaming exclusif !! Je vous invite aussi à regarder attentivement le CLIP de l'un des titres fait par Sarah Zucker.
"À écouter en profitant d'un café-clope à l'aube ou avec une coupe de thé au crépuscule, en contemplant l'univers" m'a dit Brian Griffith. Eh bien je vous le recommande.
K7 limitée à venir chez Constellation Tatsu.
all of these self-empowering mantras turned to nothing but platitudes.'
Les entrailles de la démence guettent, les yeux exorbités. Sortant des tripes de la terre comme un coutelas perçant vos os - atteignant et sectionnant maintenant les synapses. Peut-être le ciel un jour, s'ouvrira. Peut-être n'est-il qu'une paupière fermée. Qui n'a jamais rêvé de voir le ciel ouvrir son œil, et se perdre dans sa pupille titanesque. Sûrement est-ce encore plus agréable que de se noyer - dans les yeux aux couleurs d'étouffement de cette magnifique créature, que vous ne pouvez chasser de votre tête. Elle est là, la démence. Le décès des folies préconçues. Hors du monde et hors du temps - je me demande ce que vous pouvez bien penser. J'aime voir les choses se répéter. Les gens qui entrent et sortent des bouches de métro à n'en plus finir. Indistinctes - leur apathie sonne comme un rayon amer et magnifique en moi. Les mêmes nuages recouvrir les villes et les mêmes câbles électriques alimenter nos ruches. Je suis certain de pouvoir entendre le courant crépiter dans les fils, attendant patiemment le malheureux couple orage-arbre dans le but de se faire couper.
L'agitation est à son paroxysme autour de moi, et j'aime à penser que je flotte. Trop captivés par leurs propres chaussures, ils ne me remarquent pas. Trop enfoncé dans ma tête, je ne le remarque pas non plus. Mais je me demande, souvent. Ils partent s'écouler dans leurs vies respectives, plus personne ne m'entend crier au calme, et dégueuler la contemplation. À l'arrivée, nous ne sommes plus que des mémoires. Et ces mémoires, inexplicables car nous sommes trop occupés à tuer les rêves qui envahissent notre cerveau au bord du gouffre, s’éteignent avec la dernière trace soupirée que nous laissons : une fine expiration.
Écouter Greyghost, c'est s'attaquer à l'ambient éthéré et atteindre un genre de pureté truffée de grésillements. Calme, lent et improvisé, l'artiste 36 m'est venu très rapidement à l'esprit, partageant beaucoup de sonorités avec greyghost. "Memoirs of Dementia" est un cri, ralenti à l'extrême et transformé par je ne sais quelle tour de passe-passe en musique. Mélange entre souvenirs familiaux, nostalgie et curiosité étrange de la démence sénile, on ne sait plus trop où se mettre. Si ce n'est quelque part entre les sons de cette magnifique tape qui s'exprime de manière très singulière.
Streaming exclusif !! Je vous invite aussi à regarder attentivement le CLIP de l'un des titres fait par Sarah Zucker.
"À écouter en profitant d'un café-clope à l'aube ou avec une coupe de thé au crépuscule, en contemplant l'univers" m'a dit Brian Griffith. Eh bien je vous le recommande.
K7 limitée à venir chez Constellation Tatsu.
mercredi 19 décembre 2012
Chasms - Fire :: Mixtape
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Première réelle mixtape sur Ambient Churches. Cinquante-huit minutes d'electro, de noise et autres étrangetés ethniques plus ou moins soft qui feront croustiller vos enceintes pour Noël.
Au programme de cette mixtape Chasms - Fire :
1) Vampire Slayer - Window Peeping
2) Theo Bass - Mr.Stellakis
3) Ixtar - Amulet
4) Jahiliyya Fields - Servant Garden
5) Harmful Logic - ♡ > $
6) Theologian - Bed Of Maggots
7) Burial Hex - Go Crystal Tears
8) S/V\R - Les mains qui corrigent
9) Satori - Mali Rain
10) Eternal Zio - 06
mardi 18 décembre 2012
Felt Collective : Double article
Et pourtant, indirectement, j'en ai déjà parlé ici avec l'étrange sortie de Golders Green du sieur Byron, homme à tout faire du Felt.
Commençons avec l'aventure acidulée que constitue Software Wolf.
Spit & Image crache effectivement beaucoup d'images à la figure. Diluées, des loops dans tous les coins, le style qui acidule une cellule de prison et fait déconner l'espace-temps. Le rose bonbon coréen frappe, unilatérale. Spit & Image parle, vit, et nous voilà spectateurs d'une scène colorée, vivifiante comme un vent d'hiver qui remonte d'un tas de feuilles mortes. Il tourbillonne et bouillonne, impatient de crier lentement une douleur qui vire au sourire. Les moments perdus dans les transports en commun, à semi-conscient, la musique comme un voile sur les paroles des gens. Software Wolf met un peu de colorant auditif sur ce voile, qui se transforme en tapisserie brouillée, volatile et pleine de petits rythmes grouillants. Les crépitements de vinyles hantent les mélodies distantes.
Un train à vapeur part, et les gens parlent autour, de manière incompréhensible. Comme un canevas du départ. Et cet instant d’adieu, joyeux et déchirant, qui n'en finit pas. Le train se transforme en cuivre, tout comme les énergumènes qui m'encerclent. Allez savoir pourquoi, ces gens qui parlaient ne produisent maintenant plus que des paroles saturées. Surement ont-ils avalés des claviers analogiques, et déjà les voilà à faire de faux-contacts. Les chiens en laisses ont laissé place à des lits de fleures, aux tons tout aussi piquants que les sonorités sont sucrées.
C'est plus simple qu'il n'y parait. Imaginez My Bloody Valentine repris par SayCet. En Corée. Et peut-être encore plus propice au rêve éveillé.
Giovanni Lami (dont voici le travail photographique) et Ryan Connor - aka Sublamp, artiste de drone américain - arrivent sans préavis en livrant le chaos.
Les murs de guitares cristallins me font me sentir comme dans une cathédrale subissant un tremblement de terre. Les candélabres de verre accrochés au plafond vibrent et s'entrechoquent, alors que le séisme fait son possible pour mettre à terre les pierres posées les unes sur les autres, tenant comme par l'opération du Saint-Esprit. Le drone glacial arrive pourtant à réchauffer l'atmosphère translucide que provoque l'architecture de sable en fusion - et sous la froidure intenable les hallucinations auditive m'assaillent. J'entends mon sang qui s'écoule et les tissus scintiller, les notes du tremblement formant un gigantesque acrostiche dont je n'arrive pas à reconstituer le sens. Et le Drone vire en Doom, la glace en pierre, renforçant les voûtes et recouvrant les croix, statues et êtres. Et enfin le calme d'après la tempête. Reste ce magnétisme, irréel sûrement, mais qui me prend au tripes et m’inonde comme de cire.
עצמו - Lui-même. J'infuse dans ce calme, métamorphosé en un agréable acouphène. La surdité s'efface alors, laissant renaître les êtres et les âmes statufiées. Les bestioles ont envahies le lieu, et ré-instaurées une implacable loi : la Vie - et l’appétit, en goûtant la cire qui me recouvre. Impossible de se repérer dans cet enchevêtrement de briques de glace mais le vent me porte à l'oreille ces froissements d'ailes électriques. Certainement quelques insectes nidant ici et là. Au loin il fait sombre, bien plus sombre que sous les derniers rayons froids dont je profite. En me tournant, je réalise être à côté d'une rue passante. Je suis invisible. Dans mon beffroi. Je suis invisible et ils discutent, marchent, sentent les épices et les fruits. Je suis ailleurs. Je suis invisible. Il le sait. Je suis invisible.
Soundcloud pour le stream intégral du split.
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