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samedi 27 avril 2013

La Caveau de l'Empereur IX

Worship the Black Arts.

samedi 13 avril 2013

Le Caveau de l'Empereur VIII

C'est samedi, et comme chaque samedi, je sais que vous êtes nombreux (ou pas) à attendre votre ration de dégénérescences auditives. N'ayez crainte mes braves, l'Imperatør est là. Abreuvez-vous, mes chères brebis, abreuvez-vous des eaux noirâtres extirpées des plus profonds puits de l'Enfer. Puits dans lesquels ont copieusement uriné et déféqué les quelques groupes de ce soir...
...
Bon ok, c'est dégueulasse.

Listen & enjoy !
Ou pas.

samedi 6 avril 2013

Le Caveau de l'Empereur VII

L'Imperatør est de retour, pour vous jouer de mauvais tours !
...
Bref, sans plus de cérémonie, reprenons nos bonnes habitudes et envoyons-nous une bonne dose de pus bien dégueulasse dans les oreilles.


samedi 16 mars 2013

Le Caveau de l'Empereur VI

Ici, on vous aime pas, et on veut vous le faire savoir. C'est pourquoi, bien que l'illustre Imperatør laisse closes les portes de son tombeau pour les 2 semaines à venir, vous aurez tout de même de quoi me maudire pendant cette période, car aujourd'hui, c'est triple dose de vomissures auditives bien cintrées, histoire de choper de bonnes migraines pendant mon absence.

Listen & die !


samedi 9 mars 2013

Le Caveau de l'Empereur V

Bruit.
Crève.


mardi 5 mars 2013

Jute Gyte - Discontinuities

"Microtonal experimental black metal played on 24-tone guitars, replete with polyrhythms, irregular meters, dense masses of chromatic polyphony and psychedelic interludes."

L'artiste n'aurait su résumer mieux sa propre musique. Interprété à la sword guitar, Discontinuities est l'intensité à l'état brut, et Jute Gyte y a le cri au corps. On l'a dans la peau, comme un scalpel, qui tremble en coupant les tissus. Hasardeux mais diaboliquement logique, loin en fait d'une ripopée, il dissone et sans pitié aucune assène quart-de-tons à la limite de l'audible. L'expérience instable montant en neige aussi vite qu'une bouffée de stress lors d'une crise d'agoraphobie, je recommande une hygiène d'esprit soignée. Le black metal difforme scie les standards de sa rythmique atypique, de son parlé à la limite de l'atonal, ainsi que de son fiel qui ne colle à aucune déontologie.

Discontinuities est odieux. Impie dans les chaires même de ses sonorités ; réveil de vos gènes possédés, pauvres bougres, à la poursuite soudaine d'un absurde besoin de vous meurtrir encor, et chétif! c'est sur un autre corps que le strappado sonore du Syr Gyte frappe le glas. Soudain... le noir! Un duc... un bal. Trouvez-vous la gueuse à votre convenance ? Car titubant sur une jambe elle dansera, sous sa jupe à vertugadins, vous morguera.

Véritable willis musicale, Jute contre tous s'avère contumélieux et sa verve jaculatoire pourrait par mégarde enflammer les robes de votre protégée. Faux pourri, le disque compact regorge de véhémence, et d'une opacité à vous faire rougir l'obscurantisme. Les multiples découvertes insulaires que contient l’œuvre mérite un don du corps à la maladie microtonale pour le meilleur, et pour le pied-de-nez. Merdre! Sus donc, écoutons!



Grand chaudron expérimental, cet album est absolument prenant, mélangeant la dissonance d'un Book of Sand à la folie des octaves, comme le ferait un Meshuggah s'il faisait du black metal. Pratiquement industriel par moments ("The Failure of Transmutation"), il reste tout de même à mon goût très victorien : propice à l'isolement, à l'angoisse rentrée, et au fantasme d'une époque où la subtilité côtoyait l'extrême violence.
Must have.
L'album fuse, et pour qu'il fuse dans votre chaine hifi, vous pouvez l'acheter ici (7€ ~)

lundi 25 février 2013

Law of the Rope / Crown of Bone - Split

"Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème."
(Révélation, 13:1)

Tout s'est inversé et les pluies de feu, les torrents démentiels de bruits s'abattent sur les têtes, décapitant par les ondes les vivants. La danse macabre comme d'une basse rebondissant et écrasant les crânes à chaque note, le souffle infernal du Dragon auquel se mêle une prière décharnée, incapacitante, fascinant l'ouïe des hommes. Les icônes une fois de plus brûlées, les valeurs reversées, ils rouvrent les cicatrices qu'avait provoqué l'âge de suif. L'herbe verte ne flambait plus mais aveuglait, rougeoyant sous sa couverture de cendres grises.

La cacophonie abrupte semblant être une lente machine à exploser les âmes continuait à se rire des hères terriens ; et la chose exhalant la condamnation se faisait saigner les lèvres dans des litanies infâmes. Le caractère opaque et inexorable de cette danse macabre n'étant en réalité qu'une façade - déjà insoutenable, l'horreur arriva lorsque l'immonde trompeur qui s'arrachait les cordes vocales revêtit sa couronne d'os.

Les visions de ténèbres et de sévices envahissaient soudain, plus réelles que le physique, les champs, les villes, se soulevait arrachant les arbres, déracinant les oiseaux qui, voletant, finirent broyés sous un flot de déraison funèbre. La représentation infect et maladive s’amorça en moi lorsque je fus obligé de boire à dans la coupe ensanglantée que le puant menteur me tendit. Alors, au milieu du chemin de notre vie, je sus que les neuf cieux n'étaient créés pour moi. Agonique, je peinais à ramper sous des océans d'os et de chaire putréfiée, sur lesquels les derniers hommes devinrent trop vite lépreux - se grattant jusqu'à ce qu'os s'en suive. Je rampais sous une puissance supérieure, mauvaise par essence, chaotique, sachant pertinemment que son aura nauséabonde m'avait d'ores et déjà perverti. Mes forces comme ma glotte m'abandonnèrent et je projetais alors l'intégralité de mes boyaux parmi les cendres, le feu et les crânes ornés de diadèmes.



Law of the Rope est bien connu de ceux qui recherchent la bizarrerie musicale. A la croisée de la noise et du black metal, le groupe au chant plus que malsain rebondit de toutes part, tantôt plein de reverb, tantôt lancinant et oppressant. La partie du split se rapproche ici d'un dark ambient blackisant, hanté, grésillant comme un mausolée de fer rouillé. Je découvre avec ce disque Crown of Bone, la partie la plus terrassante, où la power noise se mêle à de la power noise encore plus violente. Une partie extrême, possédée, et réellement dérangeante - bien plus que vous ne l'imaginez. Un split que je recommande aux amateurs de T.O.M.B., et d’extrémisme auditif (ce split est une perle du genre!)

Pro-Tape ltd.200 avec un artwork de Mories (Gnaw their Tongues) chez Crucial Blast !

samedi 16 février 2013

Le Caveau de l'Empereur III

Bienvenue chères victimes chers visiteurs pour cette troisième édition du Caveau de l'Empereur.
Au programme ce soir pour vos petites esgourdes avides de musique dégénérée : Ambient neurasthénique, Kosmische Noise nipponisante, Black Metal déglingué et autres expérimentations sonores...

Toi qui lis ces quelques lignes, fais tes prières.

samedi 9 février 2013

Le Caveau de l'Empereur II

Seconde édition du Caveau de l'Empereur, qui désormais vous ouvre ses portes chaque semaine pour du viol de tympans, du décapage de neurones, et bien d'autres joyeusetés.
Bref : chaque samedi, la garantie d'une lobotomie gratos.

Oserez-vous cliquer ?

samedi 2 février 2013

Le Caveau de l'Empereur I

Bienvenue dans le Caveau de l'Empereur.
Cette nouvelle rubrique hebdomadaire tenue par le grand Imperatør a tout simplement deux buts : l'agression auditive et l'agression auditive. Chaque semaine, cinq stream bandcamp, cinq groupes, le tout le plus cintré possible. Sur ce, je vous souhaite bonne chance.
   

mercredi 26 décembre 2012

Innercity Ensemble - Katahdin

S'adonner au petit plaisir de rejoindre les abonnés absents. L'isolation. L'isolation!

Dans les forêts, qu'elles soient de l'Est ou d'Amazonie centrale, une chose perdure, une émotion qui ne s'éteint jamais. Cette sorte de peur au ventre que l'on a en y entrant. Car tout vit, tout s'anime sans bouger, crépite sans flamber. Un loup ou un boa derrière chaque arbre, paré - et cet énergumène en pagne arrivant de nulle part et lui soufflant une fléchette imbibée de neurotoxine entre les deux yeux.
Mais pourtant... pourtant il neige !
Impossible de quitter son petit cache-sexe rouge dans cette immensité verte enneigée. Le sol et les caillasses sont noires, les enjamber est un effort de chaque seconde. Chaque pas me fait mal et je finis par retirer mes chausses. Ils sont là, sur les cimes. A courir sur la canopée gelée. Les percussions et les flûtes me semblent à présent magiques, mais je doute tout de même pouvoir déjà entr’apercevoir les déesses ancestrales qu'ils prient. Pas de chants - seuls des rythmes et des cornes au gré des vents. Qu'aurais-je donné alors, à ce moment, pour retrouver ma New-Orleans natale ?
Je fermais les yeux et déjà, leur étrange rite s'agrémentait des saxophones que rejouait ma mémoire maligne. Le goût de blé cru m'envahit la bouche et je me réveillais en sursaut. Ces gens étaient hors du temps et de l'espace.

L'Innercity Ensemble n'a d'urbain que le métal des cuivres. Le Jazz tranquille taille son chemin parmi d'étranges sonorités électroniques presque futuristes, sur fond de didgeridoo et de percussions réverbérées. On s'éloigne pas mal de tous les clichés de genres et de styles pour se retrouver perdu quelque part, entre la chaleur, l'humidité, la neige et l’ascenseur d'un vaisseau spatial. Un trip trop court qui tape dans les tripes.

Ce Katahdin me rappelle sous certains aspect la magie païenne de The Wicker Man et du travail culte de Paul Giovanni sur sa BO, tout en y incorporant des éléments modernes et d'improvisation. Les sept polonais derrière ce projet se seraient retrouvé à Bydgoszcz pour enregistrer cette courte merveille, où se mélangent electronique, guitare, trompette, flugelhorn, gongs... dans une espèce de continuité et de calme excité. A croire que Milieu L'acéphale est LE label à surveiller en ce moment !
Un vrai régal, tout aussi ovni-esque qu'un bon vieux Tartar Lamb!

mardi 27 novembre 2012

Mythological Eoarchean Cosmonauts - Totem Echo

Mythological va nécessiter quelques explications. Tout d'abord dans la manière de composer ce « Totem Echo », un bel album de Black Metal créé notamment au... Casiotone MT-65. Ici donc, point de prose (point de croix, point de tige, point lancé, point de plume..!) mais un bon coup de synthfreak attitude.

Arrêtez ce que vous faites – descendez en bas de l'article et lancez le player Bandcamp.

Mythological Eoarchean Cosmonauts attaque sur une longue piste psyché composée uniquement au casiotone, les sons délavés passés sous delay avec une drum-machine foireuse – et tout aussi séduisante ! Un délire analogique sous-marin bardé de lumières étouffées. Abyssal, bruyant, de plus en plus oppressant. Et puis le monotron se mélange à la flûte en bambou. Toujours ce delay infernal comme si le temps s’emmêlait les pinceaux, hyper-réel, organique, et paradoxalement 8-bit (on le ressent très bien avec les petits bips au début de "Black Stone"). Un sale mélange entre la ganja musicale des années '70, le cinéma bis italien et le trip tribu d'Océanie aux rites bordéliques.

Quant au Black Metal, il arrive, soudain, raz de marée saturé. Ça bruisse et ça crisse de partout, le tambour cheap de la drum-machine transporte au-delà des espérances dans une ambiance jeu-vidéo-rituel. C'est de la sorcellerie !

Pour tout dire, ce melting-pot historique qui fait se rencontrer aliens, natifs, informatique et traditions me fait beaucoup penser au film Slow Action. Car si Ben Rivers nous montre la tête de ces énergumènes perchés sur des îles imaginaires, Mythological pourrait bien simplement s'être rendu sur les lieux et nous livrer un document, aussi précieux qu'erroné, des coutumes musicales locales. Blood of the Black Owl qui se shoote à la vapeur de volcan pixelisée, avec une sacrée dose épique (si si, la partie II de "Black Stone" en témoigne!) inévitablement impossible à prendre au sérieux du fait des claviers perchés. Mais ce charme, ce charme qui fait tout. Ce « Totem Echo » aurait été composé avec les sons du flipper du bar d'en face de chez vous, il en resterait sincère et truffé de magie ancienne.

Un véritable aller-retour vers Nandauwas, où l'on arriverait par la nage dans la cité perdue si chère à Lovecraft (Nan Madol) pour un cocktail mystique molotov. Quelques apparitions, gravures et visions près de la tombe royale et un retour plus effrayant encore que l'arrivée - que représenterait selon moi Underwater II. Ce fantasme que devient "Totem Echo" lorsqu'on l'écoute nous ferait presque rencontrer la faune et la flore, palper des doigts ces monolithes qui bougent lentement.

De l'ambient paumé entre musique ethnique et black metal chiptune.
Du coup, je vais me remettre du Yøga dans les veines.

Version physique limitée pour bientôt.

jeudi 5 juillet 2012

Dapnom - Paralipomène à la divine comédie


Dapnom, si vous ne le connaissez pas déjà, est un one-man-band parisien bien dérangé ayant officié dans les méandres de l'Underground durant huit ans.
Le groupe est assez connu pour ses K7 couvertes de différents "liquides corporels" et ses ambiances malsaines à souhaits - chose qui jusqu'à maintenant ne m'avait absolument pas touché.
Mais voilà que sort en 2011 chez Necrocosm (en distribution, car produit chez MorsUltimaRatio) ce "Paralipomène à la Divine Comédie".
J'ai commencé à m'attacher à Necrocosm depuis Neo Inferno 262 et Diapsiquir, deux groupes que j'affectionne énormément, et me suis dit que, pourquoi pas, ce nouveau Dapnom pourrait être sympathique.

Bien que l'artwork de Métastazis ne soit qu'un hommage ou un pompage direct de "I would call along upon her name" du grand illustrateur-peintre-verrier Harry Clarke, il est réussi, et m'a aidé à pénétrer l'univers quelque peu étrange de Dapnom.

"Paralipomène à la divine comédie" serait, si l'on en croit le titre, un genre de supplément à cette œuvre de Dante. Le récit poétique contient trois cantiques de trente-trois chants chacun - contant l'Enfer, le Purgatoire puis le Paradis (illustrations de G.Doré).
Or, nous pouvons noter les soixante-six pistes de l'album de Dapnom - référence aux trente-trois chants, donc, ce qui nous permettrait d'avancer que le disque ajouterait deux cantiques.
Le son est en effet seulement esquissé dans les différentes - et longues - pistes, et à l'inverse des autres productions du groupe, on peut clairement dire que c'est beau. Il y réside, du moins pour les trois premières pistes, une beauté flouée, et une force toute contenue. Lisse et paisible (III), "Paralipomène" sait aussi se faire inquiétant (II) et assombri, mais reste quoi qu'il en soit extrêmement doux.
Les field-recording de pluie, de cloches et de nombreux sons d'extérieur côtoient des guitares aux larsens fins et des claviers aériens que me font penser, cela tombe bien, à la vision que j'ai de l'Empyrée de Dante/Doré. Tout se mélange, les souvenirs ressurgissent comme un appel à ne pas remplacer sa mémoire par une béatitude absolue, les sens s'affolent, la chaire et les désirs se mêlent au Divin, et une lumière teintée de noir nous captive, sans vouloir ni pouvoir en détourner le regard.
Tamisé, couvert de papier calque, tout s’efface et la vision se trouble, la révélation est un leurre et me voilà absorbé par le Silence.

Les pistes I, II et III terminées, nous voici face à soixante-trois pistes. Les pistes quatre à trente-deux sont de courtes plages silencieuses, tandis que les pistes trente-trois à soixante-cinq sont en réalité, bien que presque inaudibles, des sons répétés devant accompagner une transe afin de déboucher sur l'ultime et dernière piste : "Action De Grâce".
Une vingtaine de minutes de silence. Mais le silence n'est-il pas parfois plus puissant que la musique elle-même ?

Action de Grâce, la chanson LXVI (66) est d'une douceur, d'une puissance, d'une complexité hors-norme, et malgré une dizaine d'écoutes j'ai toujours du mal à l'appréhender.
Orgasmes (au sens propre) rituels dans une fange d'anges rayonnants, souillure divine d'un monde à l'agonie ; l'ire se voit dévorée par les mille bouches du calme, dans une orgie de volupté.

Bien au-delà de tous les méfaits de Dapnom, cette galette se révèle entre ombre et lumière, là où le chamanisme côtoie les prières chrétiennes, et elle nous fait nous sentir minuscule par un enregistrement qui pourrait très bien être celui du couinement des étoiles...
Je vous laisse sur un poème d'un certain A.N.S. et sur la piste I de douze minutes - en exclusivité sur Ambient Churches - de cet album des plus déroutants.


"Je vous appelle à la vie, ô forces mystérieuses !
Noyées dans les obscures profondeurs de l'esprit créateur,
craintives ébauches de la vie,
à vous j'apporte l'audace !" 

- A.N.S. 'Le Poème De L'Extase'

Pour acheter, ça se passe par ici

mercredi 16 mai 2012

Duszę Wypuścił - Przekrólewszczenie

Je suis content. Oui, content de voir que la flamme continue d'être portée. Il y a encore quelques groupes qui continuent à être sobres, sympathiques et originaux à la fois... c'est le cas de Duszę Wypuścił (littéralement en français : "il y a laissé son âme").

Ce one-man-band polonais derrière lequel se cache Sars (bassiste de Massemord) renouvelle un peu la scène Black Metal qui a tendance à s'encrasser d'un amas de groupes UG grouillants, comme autant de vers qui crachent leur déjections... parfois on aime à les entendre. Parfois non. Et souvent il faut trier.

Przekrólewszczenie c'est un joli mélange. Black Metal, Rock, Post-Punk, spoken-word...Duszę ne s'embête pas, il n'en fait qu'à sa tête. En fait, de Black Metal vous ne trouverez ici que la moelle, que l'âme. Le son en lui même est crade, parfois saturé comme dans un vieux groupe de Rock un peu énervé. C'est post-punk dans la tristesse et la rythmique. Un ami m'a fait découvrir il n'y a pas si longtemps le petit dernier de Malêtre. Eh bien on en est pas loin. C'est sombre, usé, au bout du rouleau. C'est sale et désespéré, ça n'attend plus rien de rien, mais pourtant ça se débat, ça se démène. Trouver la beauté dans tout ça, dans tout ce bordel, ce n'est pas là, qu'elle se trouve, la vérité ?
En fait, Duszę c'est du raw-rock. On connait la scène BM polonaise (Infernal War, Mgla, et toute cette sorte de chose) et on se doute que Sars s'en inspire. Ou plutôt s'en imprègne pour mieux le faire ressurgir ici. La rage du désespoir...

Au niveau des sonorités, je disais donc : entre post-punk, rock et BM expé. On a du blast, on a des pistes limite rock-qui-passe-à-la-radio, et même une entière avec une - ou deux ? - femme(s) qui parle(nt). Bref, je situerai ça entre The City Kill, Vuota et une bonne dose d'une bonne drogue bien moche.

Une belle surprise, aux airs prenants, au son DIY qui me ravit, et aux traits sombres qui - personnellement - me rappellent les ritournelles d'un certain Akira Yamaoka...
Ouais. C'est un must.

Pour acheter c'est chez Devoted Art Propaganda
Pour écouter, hop (lien mis à jour le 04/07/2012)

FOAD!

jeudi 15 mars 2012

Christina Vantzou - Nº1



Christina Vantzou mérite une chronique. Que dis-je, elle mérite un article. Et encore c'est bien peu... elle mérite votre écoute. Votre attention la plus grande.
Sorti chez Kranky au même moment que A Winged Victory For The Sullen, N°1 est resté dans l'ombre...
Vantzou, c'est aussi "la moitié" de The Dead Texan. Duo avec Adam Wiltzie. Mais Vantzou, c'est surtout celle qui a su faire une perle restée muette, forcée à rester derrière le colosse d'AWVFTS. Il est vrai que ce duo est excellentissime, mais il est tout aussi vrai que ce N°1 mérite une réelle reconnaissance.

A la fois ambient minimaliste et relève néoclassique, l'album nous porte, comme le vent le ferait d'une jeune feuille tombée de son arbre. Violons, piano, nappes discrètes et éthérées... Un mélange certes classique, mais utilisé à merveille. Le résultat me fait assez penser à Listening Mirror, sachant allier sobriété et magie. Nul besoin de compositions complexes, mais seulement d'une dose de paix intérieur... Je ne suis pas expert en instruments, mais j'ai cru reconnaitre du hautbois, et des guitares lointaines (e-bowed peut-être...). Et c'est bien ce qui fait la patte de Christina Vantzou. On touche clairement à du néoclassique, en ce sens où l'album pique par-ci par-là à divers genres, mais aussi et surtout car il se voit agrémenté de sonorités originales. On ne se limite pas aux nappes à la Irezumi. Les sons sont variés, clairs, et il faut le dire : beaux. On croirait par moments une symphonie ralentie à l'extrême... Sublime.

Mais non contente de livrer un album pratiquement sans fautes (il est un chouilla trop long!), nous voici gâtés, avec un second album de remixes. On a du Koen Holtkamp, du Dustin O'Halloran, du Isan, ou encore Montgomery Knott. Autant d'artistes auxquels il faut s’intéresser...
Bien que je ne sois pas friand de remix', j'ai tout de même plutôt apprécié le travail de certains artistes - Knott, ou Isan m'ont tout bonnement transportés!
Mais d'autres, tels White Rainbow ou Loscil m'ont simplement laissés totalement de marbre.. Peut-être un peu trop de remixes, du coup. Dommage de noyer certains très beaux titres parmi quelques ratages! Mais globalement, le disque reste excellent, et presque aussi indispensable que le N°1.

Et en plus de ça, C.Vantzou nous livre un film de 47min. Et alors là, je ne peux que dire un immense bravo. C'est magnifique, montage léché, image parfaite et originale... Un souffle d'air frais. Intimiste, et au sentiment de liberté si puissant ! Certains passages sont tout simplement estomaquant de beauté, mais je vous laisse découvrir. Je n'ai moi-même pas eu la chance de l'avoir en entier... Mais ce que j'en ai vu est époustouflant.

Triple réussite, donc. Comme quoi la simplicité fait parfois des miracles.

Courez acheter ce bijou, ça se trouve partout!
Écoutez ici

Trailer qui donne l'eau à la bouche...

mercredi 14 mars 2012

Luperci - Jahator


Joseph Angelo - aka Luperci - nous offre depuis quelques années des sorties plus belles les unes que les autres. Que ce soit en LP, CDr ou cassettes, les artworks sont toujours magnifiquement travaillés, et les formats très limités...
Nous voilà donc présents après un Featherspines Autumn, joli best-of, pour ce full-lenght de plus d'une heure.
Au programme : du sitar.
Mais J.Angelo transforme véritablement l'instrument en outil de Drone. La "heavy sitar", comme le dit experimedia, est mélangée à de la noise distante, jamais trop dure, mais tout de même immersive à souhaits! Jahator relève de la méditation en field-recording. Sunn 0))) qui jouerait le White2 un jour d'éclipse. Les vautours rôdant en quête de chaire - plus ou moins fraiche. On passe en fait du drone, à l'ambient noise en cheminant à travers un genre de doom au sitar indien. Il fallait oser. Le tout reste lent, mais mélodique. Et surtout, la plus grande part du travail réside dans la recherche des vibrations. Elles s’interpénètrent, se mélangent et se transforment au fil de l'écoute.
C'est simplement une expérience hors du monde, hors du temps. Le corps qui résonne. L'esprit qui s'attache aux échos. Les yeux qui se brouillent. Les cloches qui tintent au loin. Pourquoi opposer une résistance ?
Pourquoi écrire sur cette pièce, car je ne ferais, je pense, que rabaisser le travail magistral de Luperci. Une œuvre réellement digne des productions de Catherine Christer Hennix, comme The Electric Harpsichord.
On touche, on esquisse ce que peut être la pureté. On comprend que les millions d'années pour arriver à l'homme moderne n'ont pas été totalement vains. Il en ressort une magie, au milieu de la fange. Une puissance lumineuse, radieuse. On aime à se dire qu'elle est en chacun de nous. Je ne saurais l'affirmer. Une chose est sure, elle est ici, omniprésente. Dans la musique de Luperci. Du début à la fin. Assourdissante de béatitude.

A noter : l'écoute en semi-sommeil est recommandée. Même si vous ne tiendrez peut-être pas l'heure entière, les images qui viennent en tête à ces moments sont inoubliables.

Écouter
Acheter (je ne suis pas sûr qu'il en reste)

lundi 20 février 2012

Book of Sand - The Face of the Waters

A croire que Daniel aime les nouvelles de science-fiction/fantastic! "Book of Sand" étant la référence directe à la nouvelle de Jorge Luis Borges et "The face of the Waters" à celle de Robert Silverberg. Quant à l'artwork, toujours le sublime travail de John Martin Bell. Un must. Admirez!
Bref ! Outre ces références purement... culturelles, cela n'a strictement rien-à-voir avec la musique. Parce qu'autant vous le dire tout de suite, en ce qui concerne le "black metal", je ne me suis pas pris une baffe comme ça depuis longtemps.
M'étant procuré en ces temps difficiles et obscurs l'excellent Destruction, Not Reformation je me disais que l'écoute allait, ma foi, être sympathique. Et je me suis trompé.
Là où Destruction était timide, réservé et même intimiste, Face of the Waters est déroutant, et dérangé.
L'idée très intéressante que creusait Daniel dans BoS était un délicieux mix entre un black metal aérien - on se souvient de la batterie à peine esquissée - et des envolées de musique de chambre, le tout bercé par une voix sur-saturée. Même si ici le concept reste le même, nous avons un enregistrement totalement différent.
La guitare BM est tout d'abord bien plus en retrait. Ensuite, on note plus de guitare clean en lead, adoucissant l'atmosphère, et nous menant - on peut carrément le dire - vers un rock indie/ambient bien marginal. Mais seulement voilà ça ne s'arrête pas là. Le violon vient vous titiller les oreilles. Et là où Teitanblood semble malsain avec sa tripotée de guitares dégoulinantes et son univers occulte, BoS vous perd dans les méandres de ses cordes frottées. Et il est en vérité beaucoup plus sombre.
Les violons sont d'ailleurs très malléables et font parfois penser à du hautbois, ne faisant que renforcer la profondeur du son.
Le chant quant à lui, est plus masculin - même si le groupe veut garder secret son sexe! - bien que toujours curieux et bien barré. Et je dirais même mieux géré. Il suffit de prendre la dernière piste, où la voix me semble être un étrange mélange de cauchemar et de berceuse pour enfant pour en avoir la preuve.
C'est un album étonnant, car à la fois radieux et majestueusement sombre. Book Of Sand s'impose en maître du Black Metal Experimental au même titre que Blut Aus Nord. Eh oui, rien que ça. Et avec son propre style.
Je me permets une chronique ici, déjà parce que j'en ai envie, mais ensuite car The Face est très typé ambient, et est composé de cette manière.
Je m'étais donc trompé, l'écoute du disque n'étais pas sympathique. Ce fût bien plus que ça. Ce fût un immense moment de bonheur. Souvent dissonant, toujours délicieux, nectar sucré de black et de free folk, mais empoisonné. Goûtez-y...

Choppez vite vos copies ici
Et écoutez là

Erratum : Le titre nous vient de la Bible (le tout début - (KJV), Genesis 1:1-2) !)

TRÈS CHAUDEMENT RECOMMANDÉ

dimanche 19 février 2012

Je suis le petit chevalier - Gravity's Rainbow

Tic-tu-tic-tow. Tic-tu-tic-tow. Tic-tu-tic-tow.
C'est mon premier JSLPC, mon premier Felicia Atkinson. Il fallait que ça arrive.
Je Suis Le Petit Chevalier, mais encore ? Derrière ce nom enfantin se trouve un projet belge/franco-états-unien (j'ai pas compris d'où ça sortait) aux sonorités fantastiques et sucrées. Mélange très sympathique de Dream-Pop, d'Ambient electronica de bonne facture et de synth music, croyez-le ou non mais ce n'est pas à la mord-moi-le-nœud et la naïveté qui s'en dégage est d'une puissante efficacité. Effectivement, on se laisse prendre par les chuchotements, et les sons qui coulent doucement dans nos oreilles. C'est un genre de miel sonore, pour ainsi dire. Les tambours truffés de reveb' en fond me rappellent en fait le trip "amérindien" que l'on retrouve chez Nox. Ça donne un effet hypnotique, et en même temps une véritable consistance.
En clair en résumé, ça donne des frissons, c'est exotique - dans le bon sens du terme - et rafraichissant. Ce qui n'en fait pas l'album de l'année, car un poil trop long... dommage qu'on s'embête un peu durant les dernières minutes.
Cela dit, c'est une excellente sortie. Le rêve d'un petit enfant indien, avant que Colomb ne mette les pieds sur le Nouveau-Continent...


Et on achète ça ici (60 copies!)
Et on écoute ça

Witxes - Scrawls

Tout d'abord merci à Romain de Saåad pour cette découverte. Ce n'est pas tous les jours qu'on tombe sur de belles choses comme celles-ci, et comme j'ai du temps pour moi, en voici une petite chronique.
Witxes est Lyonnais, d'accord. Il est affublé d'un bel artwork, d'accord. Mais quid de la musique ? C'est une tranche d'univers posée sur votre verre de Bloody Mary. Milles facettes, rayonnant de l'intérieur, avec un son, bien que linéaire, composé d'une multitude de petits autres sons. Du travail extrêmement bien fini, mais l'air de rien (oui, Witxes est aéronihiliste!). Une explosion de claviers, de petits bruits mourant seuls dans l'immensité synthétique. En somme, un régal pour les oreilles.
Un grand avantage de la pièce musicale est qu'elle s'enchaine parfaitement - on peut aller l'écouter d'une traite en marchant dans Paris la nuit, ça boost l'effet - mais qu’indépendamment, les chansons sont parfaitement audibles et intéressantes. Ce n'est pas simplement un loop d'une heure trente. On a véritablement des chansons, des airs, un sentiment spécial à chacune d'elle... (pour exemple, prise seule, la superbe "Six Pears" ne m'inspire pas la même chose que lorsque je l'écoute dans la continuité de l'album).
Par ailleurs, fait notable que j'ai constaté, c'est que l'album a beau être très ambiantico-ethéré, on conserve toujours une rythmique d'arrière-plan qui permet de ne pas décrocher, que ce soit par de petits grésillements intelligemment agencés ou par une basse qui vrombit avec la force du silence.
Premier véritable album, donc, qui me rappelle la sonorisation de l'installation "Sept Fois Plus A l'Ouest" de Yann Kersalé (à l'espace EDF en ce moment, à voir)
Pour résumer... c'est beau, calme, et ça me fait penser à des icebergs en fractals - ne me demandez pas pourquoi.

Pour acheter c'est ici [chaque exemplaire est unique, édition de 50, courez!]
Pour écouter c'est au même endroit

-- sorcery locations --
45° 43' 22" N, 04° 47' 40" E
45° 45' 47" N, 04° 50' 34" E
45° 56' 58" N, 04° 02' 39" E
46° 10' 49" N, 06° 17' 45" E
47° 06' 21" N, 04° 11' 36" E
48° 53' 10" N, 02° 18' 40" E

samedi 18 février 2012

Postdrome - Never Without

Postdrome... Un groupe qui certainement - et ce malgré une grande discrétion - restera dans les mémoires. Ici, un ambient des plus épuré, parfois rappelant les bruits de l'océan, parfois le bruit de la cigarette qui se consume lorsque l'on est sous un auvent un jour de pluie.
Au-delà de ces subjectivités, "Never Without" a un mérite et pas des moindres : nous transporter à des milliers de kilomètres en quelques nappes sonores. La grande profondeur des sons n'y est pas pour rien, et les amateurs d'ambient n'y sont pas étrangers. Certes, mais alors quoi de plus ici qu'ailleurs ?
La sincérité. Chaque "glitch" électronique, petits bugs d'arrière-plan, semble sorti du cerveau - un chouilla planté! - de Charlie Floyd. Le plantage se répand, c'est un bug généralisé. Dans le piano à queue, ou dans la voix. Tout à planté.
Une perle prismatique.
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