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lundi 20 août 2012

Loss of Self - s/t

C'est drôle, mais la neige formait un étrange marbre, veiné comme de cheveux. A perte de vue. L'aridité me prenait aux bronches, mais je crois que rien ne pourra m'empêcher d'allumer cette cigarette.
A chaque bouffée, elle rétrécie, et je me dis que c'est comme tout. Une respiration de plus en plus intoxiquée. J'ai entendu dire que l'univers fonctionnait un peu comme un cœur... En expansion en ce moment, jusqu'à ce qu'il se rétracte.

Le mien justement, m'a tout l'air de faire une syncope. Le sang n'afflue plus. J'ai la vue qui se trouble, du blanc moiré tout passe au noir.
Comme si tout s'inversait dans une pluie de symboles : les filaments noirs sont à présent blancs.
Et tout s'arrête.

Ku ku ku.

Tout vrombis, une dernière fois - ça rugit.
Tout me fait mal, j'ai envie d'arracher mon visage, de me scalper. Le temps fera le reste, et fondra ma crinière à la pierre...

Il ne me reste plus qu'à devenir un astrostoppeur. Fermer les yeux, prendre les étoiles, et partir sur la première comète...
"J'ai besoin d'un excès quelconque pour quitter le système solaire quelques secondes ou quelques plombes. Allongé sur le sol de la salle de bains, énergie à zéro, mais j'ai les choses en main."


Loss of Self est un jeune duo australien. Black Metal et Post-punk des chaumières, je dirais presque dans le style cascadian. Voici deux raisons de vous pencher sur ce projet : la musique est excellente, et leur disque (limité à 49 copies!) est distribué gratuitement, où que vous soyez dans le monde. Il suffit de demander ici. Tout est sur le bandcamp.
Support the plague! Un mail ne coûte rien et ça leur fera sûrement plaisir !
EDIT : Sold-out // voici le portfolio de Jacob, qui vaut le détour.

mercredi 4 juillet 2012

White Hex - Heat

La ligne de guitare criarde en jette dès le début. Limite suraiguë, agressive et étrangement western. La basse se fraye un chemin tranquille et entrainant. Tara Green se met à chanter, voix désabusée et nous voilà dans un paysage mi-neige mi-sable, les arbres qui pleurent et le temps qui s'arrête.
Certains diront has-been, d'autres zeitgeist.
Certains seront transportés dans l'Australie natale du duo, et d'autre en plein Groenland, mais une chose est sure c'est que, quelle que soit la destination d'arrivée, le voyage en vaut la peine.
Qui cracherait sur un itinéraire pareil ? Vingt et une minutes de western spaghetti surgelé, digne de Bauhaus s'attaquant la gorge au bourbon!
Tout juste distordue mais totalement tord-boyaux, la guitare captive. On la croirait pluvieuse mais à la moindre occasion la voici qui nous capture dans ses lianes et nous empoisonne de son venin darwave. Classy mais pas trop, le duo germano-australien (ils seraient partis à Berlin puis revenus en Australie...) a la recette parfaite pour l'entrainant, lancinant, intriguant. C'est d'ailleurs Avant! Records qui sort le LP, label de Contrepoison (post-punk d'un membre d'Akitsa) qui a cette même fâcheuse manie de vous capturer dans son monde d'où il est atrocement difficile de sortir. D'autant que ces deux sorties sont très courtes, et par un savant mélange de frustration et de désir, c'est sans scrupules que les réécoutes se font.

Une musique bi-polaire qui même si elle sait rester simple, sait se montrer recherchée dans les sonorités et l'efficacité. Un délicieux dérèglement climatique auditif où le rock froid et "sans âme" allemand viendrait côtoyer la chaleur intenable d'un soleil de plomb. Fantômatique et machinal, Jimi Kritzler (Slug Guts) et sa compagne nous livrent un LP d'une grande beauté qui, pour ma part, prendra une grande part de mes écoutes quotidienne.


Pour acheter, c'est 10€ le LP et ça se passe chez Avant !