Do not close your throat.
A la fonte des neiges, l'éternelle naissance sur le retour, qui feuille à feuille émiette la glace pour y faire paraître ses bourgeons de verdure encore blanchie - les cristaux de glace qui rongeaient les branches s'envolent. La noirceur rentre en terre alors que la faune s'en dégage. Les traces des bois de cerf apparaissent sur les souches défoncées, et les rivières sont sillonnées d'eaux si translucides que l'ont pourrait y voir naviguer des hydroïdes.
Le bois d'if des rives pendant gentiment sur les courants encore froids des hivers, comme des mains de racines rances la gorge ouverte buvant l'eau claire. Les roches, timides lévitant, éléments absents des sols maintenant, parcourant les mi-cieux comme les chouettes. Sans bien sûr leurs hululements nocturnes - mais peignant le paysage d'une attention stellaire splendide. Sur le départ, toujours plantant un genou en terre à mon roy, son honneur solaire et ses rayons gras. A simplement marcher sur les lacs hurlants, évitant tant bien que mal les pierres suspendues en l'air en marionnettes granitiques statiques. La tête dans l'herbe humide, les joues saumonées, en observant la lévitation de cailloux et les oiseaux perchés dessus, qui s'ébrouent avant les premières pluies de mai. Tout est délicat, soudain, paisible, à la manière d'un spectateur endormi - et non du calme avant la tempête. Machinalement à arracher quelques touffes d'herbe, l'appel de la marche monte en cœur hululant percé saignant de chaire rose rouée de caresses.
Enregistré en Angleterre, Stray Birds d'Autumn Grieve est l'un des albums de folk les plus aériens, adorables que j'ai entendu. Une voix douce sur un piano discret, quelques cordes et une guitare. Impossible de faire plus classique, mais l'album est si joli et simple qu'il en est très touchant. Une recherche de la sensibilité, à la limite de la comptine, emprunte d'un certain mysticisme. Assis, dehors, en regardant les choses et les gens passer, il prend tout son sens. Richard Skelton n'est pas si loin de la psych-folk d'Arrowwood. Léger, paisible et boisé.
Tout se trouve directement sur le site du projet, avec des packagings beaux et sobres.
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lundi 8 avril 2013
mardi 8 mai 2012
Saåad / EUS / Postdrome - Sustained Layers
Saåad est un groupe que j'aime tout particulièrement. Pourquoi ?
C'est très simple : il me transporte. Alors que je manque de temps, et parfois de volonté, pour franchir le pas et me confronter à l'absolu, Saåad a la bonté et la grâce de venir me titiller les oreilles et de m'y faire goûter, du bout de la langue.
"S'il y a quelqu'un qui doit tout à Saåad, c'est bien Dieu." (comment ça, je fais de fausses citations en reprenant du Cioran ?)
Postdrome... j'en avais parlé ici aussi, en réalité. A croire que BLWBCK et ses proches forment une véritable petite famille ! Et on ne va pas s'en plaindre.
Postdrome, postdrome... mais si! Souvenez-vous!
Ici encore, c'est un groupe parfait pour se coller à la fenêtre une nuit, tout oublier, s'en griller une et contempler le magnifique tableau dans lequel nous vivons sans même y faire attention...
Et EUS ? Ah! EUS! Je n'ai malheureusement, non par manque d'envie mais plutôt de temps, pu chroniquer le travail de cet artiste... du Costa-Rica. Entre un split étrange avec Mytrip et de l'ambient éthéré aux tons chauds pour Vhino No Desce, autant vous le dire, on se laisse très vite prendre au jeu.
Un point commun entre les trois ? Cette puissance, ce magma élémentaire compacté dans le son le plus dépouillé possible. Un autre point commun ?
Mais c'est cette collaboration entre ces trois artistes, suivez un peu!
J'avoue avoir attendu durant longtemps cette collaboration (merci Romain de m'avoir donné l'eau à la bouche il y a de ça plusieurs mois maintenant !), pour ensuite... douter. Eh oui, comme un film qui aurait trop de bons acteurs en même temps, ces derniers au lieu de collaborer intelligemment s’autodétruisent souvent... on a aussi vu ça avec certains super-groupes...
Alors, Sustained Layers serait-il touché par le syndrome ?
A l'instar de la pochette, lors de l'écoute, on ressent un sentiment étrange. Comme si la mer s'était figée, comme si tout s'était métamorphosé, sans pour autant qu'aucun changement ne soit visible. Et qu'au lieu d'entendre les conversations des gens, on entende les vibrations de leurs corps.
Un sentiment troublant, qu'il soit trois heures du matin ou trois heure de l'après-midi...
On reconnaît la patte de Saåad, au son tout juste saturé, mais aussi Postdrome et sa... bizarrerie. Et pour ma part, je dirais qu'une fois de plus EUS donne un ton chaud au tout.
L'album est très linéaire, et de ce fait les pistes cohérentes entre elles, ce qui rend l'effet de "voyage" extrêmement présent. On part - et on aimerait ne jamais en revenir.
Qu'on se retrouve sur la lettre "A" de l'Océan Atlantique ou encore à se remémorer soudainement l'odeur d'un Eden perdu il y a trop longtemps, ce Sustained Layers vous donnera en tous cas à tous des ailes.
Ces différentes couches (ou layers, justement) se fondent délicatement les unes aux autres, et vous force à stopper votre concentration. Il faut tout écouter en même temps, sans jamais se focaliser.
A partir de ce moment, vous pouvez dire adieu au réel, et bonjour à l'un des splits les plus beaux sur lesquels vous ayez posé l'oreille...
Non, les trois artistes ne se sont définitivement pas détruits, mais au contraire se complètent. Une nouvelle entité à vue le jour, et si vous avez écouté l'un des trois groupes, ou si vous vous êtes déjà penché sur le stuff de chez BLWBCK, alors vous savez que vous aller aimer.
Chaudement recommandé - à tous ceux qui aiment passer de bons moments, simplement. Pas de prise de tête, pas de difficulté d'accès, juste underground comme il faut... et puis c'est beau, et c'est tout ce qui importe. Car la beauté, la vraie, n'est pas subjective.
Ici, ne vous attendez pas à du EUS, ni à du Saåad, ni à du Postdrome. Seulement à une triple-dose de subtilité.
A noter que Metal Alvin, une autre de chez BLWBCK, fait un feat. sur la dernière chanson. Et à noter aussi que c'est magnifique...
Il ne vous reste qu'une chose à faire :
Foncer!
Acheter la tape chez BLWBCK (ltd.66 et ça part très très très vite à chaque fois)
Ou attendre un potentiel stream ici
C'est très simple : il me transporte. Alors que je manque de temps, et parfois de volonté, pour franchir le pas et me confronter à l'absolu, Saåad a la bonté et la grâce de venir me titiller les oreilles et de m'y faire goûter, du bout de la langue.
"S'il y a quelqu'un qui doit tout à Saåad, c'est bien Dieu." (comment ça, je fais de fausses citations en reprenant du Cioran ?)
Postdrome... j'en avais parlé ici aussi, en réalité. A croire que BLWBCK et ses proches forment une véritable petite famille ! Et on ne va pas s'en plaindre.
Postdrome, postdrome... mais si! Souvenez-vous!
Ici encore, c'est un groupe parfait pour se coller à la fenêtre une nuit, tout oublier, s'en griller une et contempler le magnifique tableau dans lequel nous vivons sans même y faire attention...
Et EUS ? Ah! EUS! Je n'ai malheureusement, non par manque d'envie mais plutôt de temps, pu chroniquer le travail de cet artiste... du Costa-Rica. Entre un split étrange avec Mytrip et de l'ambient éthéré aux tons chauds pour Vhino No Desce, autant vous le dire, on se laisse très vite prendre au jeu.
Un point commun entre les trois ? Cette puissance, ce magma élémentaire compacté dans le son le plus dépouillé possible. Un autre point commun ?
Mais c'est cette collaboration entre ces trois artistes, suivez un peu!
J'avoue avoir attendu durant longtemps cette collaboration (merci Romain de m'avoir donné l'eau à la bouche il y a de ça plusieurs mois maintenant !), pour ensuite... douter. Eh oui, comme un film qui aurait trop de bons acteurs en même temps, ces derniers au lieu de collaborer intelligemment s’autodétruisent souvent... on a aussi vu ça avec certains super-groupes...
Alors, Sustained Layers serait-il touché par le syndrome ?
A l'instar de la pochette, lors de l'écoute, on ressent un sentiment étrange. Comme si la mer s'était figée, comme si tout s'était métamorphosé, sans pour autant qu'aucun changement ne soit visible. Et qu'au lieu d'entendre les conversations des gens, on entende les vibrations de leurs corps.
Un sentiment troublant, qu'il soit trois heures du matin ou trois heure de l'après-midi...
On reconnaît la patte de Saåad, au son tout juste saturé, mais aussi Postdrome et sa... bizarrerie. Et pour ma part, je dirais qu'une fois de plus EUS donne un ton chaud au tout.
L'album est très linéaire, et de ce fait les pistes cohérentes entre elles, ce qui rend l'effet de "voyage" extrêmement présent. On part - et on aimerait ne jamais en revenir.
Qu'on se retrouve sur la lettre "A" de l'Océan Atlantique ou encore à se remémorer soudainement l'odeur d'un Eden perdu il y a trop longtemps, ce Sustained Layers vous donnera en tous cas à tous des ailes.
Ces différentes couches (ou layers, justement) se fondent délicatement les unes aux autres, et vous force à stopper votre concentration. Il faut tout écouter en même temps, sans jamais se focaliser.
A partir de ce moment, vous pouvez dire adieu au réel, et bonjour à l'un des splits les plus beaux sur lesquels vous ayez posé l'oreille...
Non, les trois artistes ne se sont définitivement pas détruits, mais au contraire se complètent. Une nouvelle entité à vue le jour, et si vous avez écouté l'un des trois groupes, ou si vous vous êtes déjà penché sur le stuff de chez BLWBCK, alors vous savez que vous aller aimer.
Chaudement recommandé - à tous ceux qui aiment passer de bons moments, simplement. Pas de prise de tête, pas de difficulté d'accès, juste underground comme il faut... et puis c'est beau, et c'est tout ce qui importe. Car la beauté, la vraie, n'est pas subjective.
Ici, ne vous attendez pas à du EUS, ni à du Saåad, ni à du Postdrome. Seulement à une triple-dose de subtilité.
A noter que Metal Alvin, une autre de chez BLWBCK, fait un feat. sur la dernière chanson. Et à noter aussi que c'est magnifique...
Il ne vous reste qu'une chose à faire :
Foncer!
Acheter la tape chez BLWBCK (ltd.66 et ça part très très très vite à chaque fois)
Ou attendre un potentiel stream ici
C'est t'y pas beau ?
Sortie officielle le 28/05/2012
Sortie officielle le 28/05/2012
Libellés :
ambient,
BLWBCK,
costa rica,
drone,
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EUS,
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postdrome,
Saåad,
sustained layers,
UK
jeudi 15 mars 2012
Hanetration - Tenth Oar
Hanetration n'était pas ma priorité quant aux chroniques. Je dois bien reconnaître que je l'avais même mis en bas de ma to-do-list (les démos affluent!). Mais je n'ai pas résisté, et j'ai posé une oreille dessus, histoire de voir ce qu'était réellement ce petit EP. Et me voilà. Je n'ai pas résisté...
Tenth Oar, c'est du glitch, du collage sonore, de l'ambient. Vous avez lancé de la musique pour radiateur et un petit Chopin en même temps, sans faire attention. Mais là, sans crier gare, l'ordinateur plante. Le son se met à déconner sévère. Au lieu d'une belle pièce de piano, c'est la même note qui se répète inlassablement. Derrière, votre musique à radiateur s'emballe, elle loop à fond les ballons. Allez savoir pourquoi, votre cerveau plante aussi. Vous passez en automatique. Le petit groupe qui joue dans le metro semble à l'arrêt. Le bruit des escalators est plus fort que la cornemuse du type du milieu. Les yeux dans le vague. Et toujours ces glitch.
Puis vient la nuit, sans crier gare. Marchant seul au milieu de l'autoroute, à l'entrée de la ville. Les lumières bleues, et rouges qui forment des fils incandescents. Les lampadaires, et leur lumière jaune-floue. Le bruit des pas, des bombes de tag. Le bruit des murs qui crépitent, celui des voitures qui passent en coup de vent. Toujours les yeux dans le bleu azur de l'horizon. A peine assombri par la tonne de carbone rejeté par les voitures. Tout est gris, sauf leurs phares. Mais déjà, tout est noir. La petite mélodie s'enfuie. Je crois m'être endormi sur l'autoroute, après que le semi-remorque m'ait percuté.
Élégant mix d'éléctro, de field-recording et de drone ambient, Tenth Oar ("la 10e rame") transporte l'auditeur dans un décor à la fois onirique et urbain. Les banlieues de Londres, ou l'entrée de Paris, quoi qu'il en soit, c'est une musique nocturne. Les instruments sont retouchés, noyés dans un océan de petits bruits fins, d'ambiances sibyllines et de bruissements secs à la Alva Noto - seulement pour ces petits bruits, entendons-nous bien, comme ceux sur Rufus.
Plus le EP avance (et il avance vite!), plus on s'enfonce dans ses pensées, plus on est tenté de se pencher au balcon, de fixer ses yeux sur une façade d'immeuble et de se griller une cigarette. Ode à la marche dans les rues, à 4h du matin. Tout le monde dort, mais nous, on écoute Hanetration.
On pense rapidement à Burial pour ce côté gris et pluvieux. Sans compter les similitudes dans les sons. D'ailleurs, même si les deux groupes sont bien loin l'un de l'autre, il s'en dégage bien la même odeur : celle de la vapeur de CO2.
Très bon début pour Hanetration. En espérant qu'une petite tape, ou pourquoi pas un CD verra le jour sous peu ! En attendant je vous invite à l'écoute :
Pour vous, âmes perdues.
Tenth Oar, c'est du glitch, du collage sonore, de l'ambient. Vous avez lancé de la musique pour radiateur et un petit Chopin en même temps, sans faire attention. Mais là, sans crier gare, l'ordinateur plante. Le son se met à déconner sévère. Au lieu d'une belle pièce de piano, c'est la même note qui se répète inlassablement. Derrière, votre musique à radiateur s'emballe, elle loop à fond les ballons. Allez savoir pourquoi, votre cerveau plante aussi. Vous passez en automatique. Le petit groupe qui joue dans le metro semble à l'arrêt. Le bruit des escalators est plus fort que la cornemuse du type du milieu. Les yeux dans le vague. Et toujours ces glitch.
Puis vient la nuit, sans crier gare. Marchant seul au milieu de l'autoroute, à l'entrée de la ville. Les lumières bleues, et rouges qui forment des fils incandescents. Les lampadaires, et leur lumière jaune-floue. Le bruit des pas, des bombes de tag. Le bruit des murs qui crépitent, celui des voitures qui passent en coup de vent. Toujours les yeux dans le bleu azur de l'horizon. A peine assombri par la tonne de carbone rejeté par les voitures. Tout est gris, sauf leurs phares. Mais déjà, tout est noir. La petite mélodie s'enfuie. Je crois m'être endormi sur l'autoroute, après que le semi-remorque m'ait percuté.
Élégant mix d'éléctro, de field-recording et de drone ambient, Tenth Oar ("la 10e rame") transporte l'auditeur dans un décor à la fois onirique et urbain. Les banlieues de Londres, ou l'entrée de Paris, quoi qu'il en soit, c'est une musique nocturne. Les instruments sont retouchés, noyés dans un océan de petits bruits fins, d'ambiances sibyllines et de bruissements secs à la Alva Noto - seulement pour ces petits bruits, entendons-nous bien, comme ceux sur Rufus.
Plus le EP avance (et il avance vite!), plus on s'enfonce dans ses pensées, plus on est tenté de se pencher au balcon, de fixer ses yeux sur une façade d'immeuble et de se griller une cigarette. Ode à la marche dans les rues, à 4h du matin. Tout le monde dort, mais nous, on écoute Hanetration.
On pense rapidement à Burial pour ce côté gris et pluvieux. Sans compter les similitudes dans les sons. D'ailleurs, même si les deux groupes sont bien loin l'un de l'autre, il s'en dégage bien la même odeur : celle de la vapeur de CO2.
Très bon début pour Hanetration. En espérant qu'une petite tape, ou pourquoi pas un CD verra le jour sous peu ! En attendant je vous invite à l'écoute :
Pour vous, âmes perdues.
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