Do not close your throat.
A la fonte des neiges, l'éternelle naissance sur le retour, qui feuille à feuille émiette la glace pour y faire paraître ses bourgeons de verdure encore blanchie - les cristaux de glace qui rongeaient les branches s'envolent. La noirceur rentre en terre alors que la faune s'en dégage. Les traces des bois de cerf apparaissent sur les souches défoncées, et les rivières sont sillonnées d'eaux si translucides que l'ont pourrait y voir naviguer des hydroïdes.
Le bois d'if des rives pendant gentiment sur les courants encore froids des hivers, comme des mains de racines rances la gorge ouverte buvant l'eau claire. Les roches, timides lévitant, éléments absents des sols maintenant, parcourant les mi-cieux comme les chouettes. Sans bien sûr leurs hululements nocturnes - mais peignant le paysage d'une attention stellaire splendide. Sur le départ, toujours plantant un genou en terre à mon roy, son honneur solaire et ses rayons gras. A simplement marcher sur les lacs hurlants, évitant tant bien que mal les pierres suspendues en l'air en marionnettes granitiques statiques. La tête dans l'herbe humide, les joues saumonées, en observant la lévitation de cailloux et les oiseaux perchés dessus, qui s'ébrouent avant les premières pluies de mai. Tout est délicat, soudain, paisible, à la manière d'un spectateur endormi - et non du calme avant la tempête. Machinalement à arracher quelques touffes d'herbe, l'appel de la marche monte en cœur hululant percé saignant de chaire rose rouée de caresses.
Enregistré en Angleterre, Stray Birds d'Autumn Grieve est l'un des albums de folk les plus aériens, adorables que j'ai entendu. Une voix douce sur un piano discret, quelques cordes et une guitare. Impossible de faire plus classique, mais l'album est si joli et simple qu'il en est très touchant. Une recherche de la sensibilité, à la limite de la comptine, emprunte d'un certain mysticisme. Assis, dehors, en regardant les choses et les gens passer, il prend tout son sens. Richard Skelton n'est pas si loin de la psych-folk d'Arrowwood. Léger, paisible et boisé.
Tout se trouve directement sur le site du projet, avec des packagings beaux et sobres.
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lundi 8 avril 2013
jeudi 4 avril 2013
Semilanceata - En wallmoburen myhr, där döön grödha mellom bitter root ok frucht
"A poppyattired mire where death germinates among acrimonious roots and fruit." (Semilanceata)
Dans le coin, là-bas dans l'ombre, l'être difforme, deux doigts tout au plus, m'observe. Ses mouvement soudains m'effrayent, il me fixe - même si je ne puis distinguer ses pupilles dans le noir - en mâchonnant sa propre salive. Cela produit le bruit d'un cafard flytoxé. Il est recroquevillé, maigre à en mourir, et bien que je sache qu'il ne me sautera jamais à la gorge sa présence me tétanise. Dans le coin du parc d'attraction désaffecté de Pripiat, près de Tchernobyl, aux tobbogans-gueules de lapin béantes, le "Tunnel of Love" toujours aux petits néons roses, mais couvert d'herbes, et décrépit au possible. Il reste des enfants, contrairement à ce que l'on peut penser. Hydrocéphales, ou cancéreux dès le plus jeune âge. Mais il en reste et, n'ayant pris aucun organisme de voyage, je me confronte à la faune, à ces derniers humains fleuris de nucléaire, les bras fins comme des crayons et la peau noirâtre, ou les yeux à la mauvaise place. Ce n'est pas dans l'ordre des choses ; cette ville transpire l’hérésie.
Tout est recouvert de plantes, ici, verdi et couru presque uniquement par des chiens errants. La population locale semble survivre, bien que le taux de mortalité ait largement connu un pic, mais ne semble avoir aucune coutume si ce n'est des actes de barbarie primaire et une culture rudimentaire de la flore que je ne prendrai pas la peine de relever.
Il n'y a que Poncho (je l'ai appelé comme ça car il revêt toujours un long sac plastique bleu sur lui), qui semble perpétuer un semblant d'art, de ses doigts montés à l'envers sur ses mains. Il a un problème œsophage, et ne communique ainsi que par le regard - ce qui je dois le reconnaître est très troublant, aux vues de ses pupilles bleues perçantes. Poncho joue d'une sorte de guitare désaccordée à un doigt, sur des accords bien précis - bien que je ne les connaisse pas. Sûrement une vieille Rodriguez, le manche voilé et les cordes rongées. Il s'agite en rythme, les chaines qu'il porte sur le dos formant un genre de percussion damnée. Étrange ultime coutume du lieu, comme un rappel à une humanité qui oublie ses propres enfants. Je suis resté là, des heures, à réécouter cet enregistrement sauvage que j'en ai pris, sur mon vieux transistor.
Semilanceata est très spécial. Une folk réduite à la simplicité la plus débilitante : une "guitare" complètement désaccordée, un vieux tambour / batterie et quelques artifices analogiques comme des bruits de chaîne - ou apparentés. Représentant dégénéré d'une freak folk déjà spéciale, il en arrive en fait au troublant. Un digne héritier des Légions Noires, opaque, dissonant, comme l'est en son genre la noise : débile au sens propre du terme, mais convaincante. Oh dieu que Semilanceata l'est, En wallmoburen myhr... fait frissonner, et je ne peux m'empêcher de me dépeindre des paysages sortis du Stakler de Tarkovski, ou d'un La Colline a des Yeux en opéra grandeur nature. Un rejeton bâtard s'exprime, soyez prêt à en ressortir glacé.
Dans le coin, là-bas dans l'ombre, l'être difforme, deux doigts tout au plus, m'observe. Ses mouvement soudains m'effrayent, il me fixe - même si je ne puis distinguer ses pupilles dans le noir - en mâchonnant sa propre salive. Cela produit le bruit d'un cafard flytoxé. Il est recroquevillé, maigre à en mourir, et bien que je sache qu'il ne me sautera jamais à la gorge sa présence me tétanise. Dans le coin du parc d'attraction désaffecté de Pripiat, près de Tchernobyl, aux tobbogans-gueules de lapin béantes, le "Tunnel of Love" toujours aux petits néons roses, mais couvert d'herbes, et décrépit au possible. Il reste des enfants, contrairement à ce que l'on peut penser. Hydrocéphales, ou cancéreux dès le plus jeune âge. Mais il en reste et, n'ayant pris aucun organisme de voyage, je me confronte à la faune, à ces derniers humains fleuris de nucléaire, les bras fins comme des crayons et la peau noirâtre, ou les yeux à la mauvaise place. Ce n'est pas dans l'ordre des choses ; cette ville transpire l’hérésie.
Tout est recouvert de plantes, ici, verdi et couru presque uniquement par des chiens errants. La population locale semble survivre, bien que le taux de mortalité ait largement connu un pic, mais ne semble avoir aucune coutume si ce n'est des actes de barbarie primaire et une culture rudimentaire de la flore que je ne prendrai pas la peine de relever.
Il n'y a que Poncho (je l'ai appelé comme ça car il revêt toujours un long sac plastique bleu sur lui), qui semble perpétuer un semblant d'art, de ses doigts montés à l'envers sur ses mains. Il a un problème œsophage, et ne communique ainsi que par le regard - ce qui je dois le reconnaître est très troublant, aux vues de ses pupilles bleues perçantes. Poncho joue d'une sorte de guitare désaccordée à un doigt, sur des accords bien précis - bien que je ne les connaisse pas. Sûrement une vieille Rodriguez, le manche voilé et les cordes rongées. Il s'agite en rythme, les chaines qu'il porte sur le dos formant un genre de percussion damnée. Étrange ultime coutume du lieu, comme un rappel à une humanité qui oublie ses propres enfants. Je suis resté là, des heures, à réécouter cet enregistrement sauvage que j'en ai pris, sur mon vieux transistor.
Semilanceata est très spécial. Une folk réduite à la simplicité la plus débilitante : une "guitare" complètement désaccordée, un vieux tambour / batterie et quelques artifices analogiques comme des bruits de chaîne - ou apparentés. Représentant dégénéré d'une freak folk déjà spéciale, il en arrive en fait au troublant. Un digne héritier des Légions Noires, opaque, dissonant, comme l'est en son genre la noise : débile au sens propre du terme, mais convaincante. Oh dieu que Semilanceata l'est, En wallmoburen myhr... fait frissonner, et je ne peux m'empêcher de me dépeindre des paysages sortis du Stakler de Tarkovski, ou d'un La Colline a des Yeux en opéra grandeur nature. Un rejeton bâtard s'exprime, soyez prêt à en ressortir glacé.
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samedi 23 mars 2013
G O N E - The Circle & The Darkling
Le minimalisme glaçant de notre entourage. Celui-là même qui, aimant, nous brise d'un regard ignoble. Tristement soudain extérieur. A l'offrande matinale d'organes en mort, d'une grisaille sur l'Est. Les nouvelles sont misère et assombrissement. Des cordes claquent sur des dos à vapeur, un triste âge, ancien, noirci et bien que sans dialogues, peu blanchi.Western-spaghetti refroidi - de cendres. Mettre le feu aux flammes, et, oh. A l'intérieur mon enfant se bat pour réintégrer mon corps. Il jette aujourd'hui, encore, des lasers de ses yeux, et coud la bouche des grands. Sur les routes, les passages de clous, les traces de pas sur les bandes blanches. Le bitume angoisse, torture et floute. La chaleur soporifique de ses pores. Amusement usé à y faire grandir l'absinthe. La peau de la tristesse au couvert, à la table du démon, les mains sales, adieu.
Et puis ta solitude. La dureté, la fin, avale encore. Sous le sable écartelé, chaque graine inféconde remuée par la mer appelle minuit. L'heure des obscures, de la blacklodge, passés pour morts et l'arme à gauche. Nation de sinistres à l'heure, attardés du malin ou piégés dans un cœur d'or. Grands soufflés des eaux âmeres. Aux femmes infidèles et aux ruisselants ; tous à mourir dans les cimetières familiaux. Anéantis par leur propre manque, ne pas être ou ne pas être.
Stopper les rêves : PAUSE. Entraînement au néant des violences, et se lover dans un loop infini. Cette étrangeté à ma recherche me tétanise. Encore un réveil dans un corps inanimé, l'esprit en chaine, du fordisme à même le corps. Les hauts-talons d'Achille, post-nucléaires, nous sommes tous morts, en reposant la pomme d'Adam. Nature is a language. It's a test.
G O N E a sorti avec The Circle is Open but Never Broken et The Darkling deux disques qui méritent une grande reconnaissance. Tout d'abord par son univers, très singulier. Sombre et mignon, sans trop d'espoir mais arrivant à réchauffer le cœur tout de même. Inspiré de pas mal de courants (rock, folk, ambient, witch house, black metal même avec la chanson Horrible Souls), au final le seul rapprochement viable à mes yeux serait avec Have a nice Life. Rock lo-fi étrange, fantomatique, analogique, et sans réelle limite d'influence. A surveiller de très près.
Téléchargement gratuit sur le bandcamp de l'artiste.
Pas encore de version physique malheureusement. Mais typique de ce qui pourrait coller à l'ambiance de chez Enemies List.
samedi 23 février 2013
Le Caveau de l'Empereur IV
Toi là.
Oui, toi, en train de me lire, bien planqué derrière ton écran. Tu veux te faire du mal ?
Tu veux te dégommer la tête ? Tu veux réduire ton cerveau à l'état de bouillie sanguinolente, et crever dans d'atroces souffrances après avoir subi d'innombrables sévices auditifs ?
Alors tu tombes bien, car aujourd'hui, l'Imperatør ne te proposera que calme et volupté.
Douceur et sérénité. Un apaisant voyage au delà des barrières du monde physique.
Tu es frustré ? Tant mieux : l'effet relaxant de ces quelques albums sera grandement amplifié.
Allez. Clique.
Maintenant.
Oui, toi, en train de me lire, bien planqué derrière ton écran. Tu veux te faire du mal ?
Tu veux te dégommer la tête ? Tu veux réduire ton cerveau à l'état de bouillie sanguinolente, et crever dans d'atroces souffrances après avoir subi d'innombrables sévices auditifs ?
Alors tu tombes bien, car aujourd'hui, l'Imperatør ne te proposera que calme et volupté.
Douceur et sérénité. Un apaisant voyage au delà des barrières du monde physique.
Tu es frustré ? Tant mieux : l'effet relaxant de ces quelques albums sera grandement amplifié.
Allez. Clique.
Maintenant.
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jeudi 17 janvier 2013
lundi 17 décembre 2012
Ilyas Ahmed - Naqi
CDr comme à son habitude, Ilyas nous
transporte dans un monde à la fois glacial et désertique, Chelsea
Wolfe-isant, où la guitare s'enflamme et le chant crache la bile.
Dans une simplicité analogique débilitante, il nous emmène –
sans nous prendre la main toute fois – dans un Moyen-Orient fantasmé, sur des souvenirs fumants, emprunts de rituels inachevés,
et des bêtes qui n'ont finalement pas été sacrifiées. Entre parole
et chant, chien et loup, il nous berne tout au long de l'album, dans
une folk de fin du monde dont nous autres, hères, prenons un malin plaisir
à nous en délecter. Naqi me ferait penser à un sentiment
assailli soudainement de tristesse, qui se plaint, se débat mais
survit dans quelques soubresauts de joie.
Les lèvres rougeoyantes qui courent
sur les cordes tranchantes de la guitare, parcourant le manche sans
s'arrêter de se couper. Quelques papiers découpés de magazines et
collés sur la caisse de la 6-cordes. La langue entre le Mi et le La,
se balançant. Les dunes salées réveillent la douleur des coupures,
mais elle oublie, elle oublie. Elle contre le poids du ciel avec ses
quelques notes.
"All my
gulls have taken flight; they will no longer roost on these outcrops."
Au cœur du désert, amer, plaintif, à
vous perdre dans les drones et les tempêtes de sable, vous croiserez
sûrement un mirage d'Ilyas Ahmed. Jamais réellement présent,
jamais réellement absent – le feutre enflammé de sa guitare
tirant au ciel les quelques dernières stries de couleur jusqu'à le
rendre monochrome. Il implorera les nuages de vous encercler et les
djin de vous jouer des tours. Dès lors, plus rien à faire
qu'une crise de lente épilepsie au rythme des accords, et de suivre
ses cordes vocales, chemin direct vers un rassurant Acheron.
La folk lo-fi d'Ilyas est loin d'être
passée inaperçue, mis à part ce disque qui a très peu fait parler
de lui. Et pourtant, ce petit CDr est passionnant du début à la
fin, entre des rythmes du moyen-Orient et un rock / folk poussiéreux,
chaud et rêveur. La guitare électrique tout juste saturée se
trouve parfois retournée, ce qui donne des solo hors du temps, hors
du monde, presque comme des cordes frottées. Au delà de l'instru,
Ilyas Ahmed a bel et bien gardé sa voix envoûtante et déformée,
analogique à souhaits, peut-être ici plus encore que sur les autres
albums. Naqi est un vrai vitrail : travail
d’orfèvre, aux couleurs chaudes, mais qui peut se révéler
glaçant au bout d'un certain moment.
samedi 5 mai 2012
Witxes - Sorcery/Geography
En cette soirée pluvieuse, il sera parfait.
Witxes. Par où commencer ? Tout d'abord, prononcez "Witches". Ensuite, c'est un groupe mené par Maxime Vavasseur, dont j'avais déjà parlé ici avec le Scrawls #01, sorte de Best-of qui m'avait très agréablement surpris. On était donc habitués à une finesse musicale qui poussait l'ambient aux croisements de l'electro et du drone le tout dans une atmosphère étrangement éthérée.
Alléchant ? Vous n'avez pas tout vu (ni entendu).
Sorcery/Geography est le nouveau-né de ce projet, et on peut le dire sans craintes, il contient son lot de bonnes choses.
-- sorcery location --
48° 51' 44" N, 02° 22' 40" E
Unlocation est la porte d'entrée de l'album. Il nous donne le ton. On pose le pied dans le brouillard pour s'y enfoncer, encore et encore. "Unlocation", c'est exactement ça. On est arrivé dans un non-lieu - un endroit qui n'existe que caché dans un coin de notre tête. C'est feutré, et ça a la consistance du cachemire. En même temps sucré, en même temps amer. Des guitares noyées et méconnaissables tant elles sont usées comme un outil d'ambiance - ces cordes effleurées sont un peu la marque de fabrique de Witxes - mais aussi une foule d'instruments, allant du piano au saxo tenor en passant par une magnifique double-basse un peu dans le style de celle-ci.
Witxes s'amuse à l'alchimie. Mélanger un type de musique "populaire" avec des passages folk, jazz ou encore classiques pour les incorporer à son univers décalé et rêveur. Très jolie matérialisation audio de ce que nos amis anglo-saxons appellent le "daydream".
A la fois linéaire, il y a à chaque chanson quelque chose de nouveau. Comme, par ce mélange de sons, de nouveaux sentiments. Des réminiscences, des couches du passé et de l'avenir qui se mélangent dans une peinture de grésillements qui rendront rugueux vos coussins tant ils sont lissés et cotonneux.
Les vagues sonores se croisent, et s’interpénètrent jusqu'à totalement déconnecter chacun de nos neurones. C'est lorsque vous aurez le regard au loin, fixé sur une goutte qui glisse sur la vitre, que Sorcery s'amusera à transporter vos idées dans son monde. Chapardeur. Ensorcelant.
Witxes, l'inventeur du philtre musical ?
Mais cet album ne se résume pas à un simple rêve, ni à un genre de "sauce salade" versée sur les différents types de musiques pour les faire se coller. Witxes est tout bêtement comme une paire de lunettes. Soyeuses. Lorsqu'on les enfile, tout change, tout s'illumine. Tout se floute. Et c'est là, c'est à ce moment précis du premier quart d'heure du disque, que cet imbécile se met à chanter. On arrive au point de non-retour. Oh n'allez pas croire que c'est une mauvaise chose, non, non... mais c'est là, exactement là (48° 51' 46" N, 02° 17' 19" E) que l'on sait que cet album, on va en finir l'écoute. Et qu'on le repassera.
L'air de rien, la tête dans les étoiles, S/G est très fin, très... recherché. Un million de petits sons tout discrets, mais qui donnent toute sa richesse et son expressivité au son. Une multiplicité de layers assemblés avec brio pour un rendu que j'aurais du mal à comparer avec quoi que ce soit d'autre. Son identité, Witxes l'a. Son album de la maturité, aussi. Son originalité, aussi. Sa capacité à vous faire partir loin d'ici ?
Oh, mais c'est bien plus que tout cela, chers amis.
Bien plus...
Pour se procurer le LP (Humanist Records)
A noter qu'il est en première partie de Christina Vantzou pour le Humanist Rec. Festival le 08/05/12 !
Dispo le 08/05/2012
Pas de mastering par J.Plotkin, dudes.
Mais on m'aurait dit que c'était lui, j'y aurais cru.
Chronique en ligne sur Eklektik Rock dès le 10/05/2012
Mais on m'aurait dit que c'était lui, j'y aurais cru.
Chronique en ligne sur Eklektik Rock dès le 10/05/2012
dimanche 22 avril 2012
M.J.Tapscott & A.Kenower - Good Morning, Africa
Le petit nouveau de chez Bookmaker Records est un mélange obscène entre Folk et Ambient. Oscène, oui, c'est le mot.
M.J.Tapscott, c'est monsieur Odawas. Et c'est en sachant ceci que l'on comprend d'où vient le côté pop-rêveur du disque. Tapscott s'occupe de la naïveté de la pièce, tandis que Andrew Kenower s'amuse à déployer des draps de field-recording, d'ambient et de délicatesse.
Tapisser ainsi un travail musical est un travail d'orfèvre.
A l'image de la relation cover-titre ("Good Morning, Africa" avec des manchots et des couleurs froides...) l'album est décalé.
Trente-cinq minutes totalement à côté de la plaque.
Tout ceci, l'univers de cette galette, me fait penser à un arc-en-ciel (encore un coup de la cover ?). Coloré, lointain, objet de désirs et d'admiration béate sans que l'on puisse y poser des mots. Une bijou pluvieux, mais réjouissant. C'est touchant.
Et un arc-en-ciel n'est jamais seul. Il est toujours accompagné d'un second. Et ce second, c'est les moments de réécoute. Autant un disque de Folk, je le passe une fois et je m'en lasse tant c'est "simpliste", autant ici la collaboration fait des merveilles. Beaucoup de sons. Vraiment beaucoup, ce qui permet de revenir après une dizaine d'écoutes tout en s'émerveillant autant sur les nappes abîmées de The Polo Ground ou sur la moiteur digne d'une mousson sur Who'll Stop the Rain. Et c'est un atout.
D'autant que c'est admirablement bien mixé (James Plotkin...). Tout feutré, discret. Aucun instrument ne bouche l'autre. Au contraire, c'est doux. Les petites réminiscences '70 revues façon XXIe siècle bien sombre passent sans problèmes, tant et si bien qu'une autre collaboration m'est venu à l'esprit, celle de Catherine Ribeiro + Alpes. Au niveau musical en tant que tel, pas tellement de comparaisons possibles. Mais au niveau de l'atmosphère, c'est un peu ce que ça donnerait modernisé et passé au filtre de l'ambient. Un disque proto-hippie, inclassable.
Car on a à la fois ces côtés "chansons qui restent dans la tête", mais aussi le fait qu'on ne pourra jamais le chanter comme du Ribeiro justement. La musique est trop floue pour ça.
Astucieux mélange pour faire revenir sur ses pas l'auditeur...!
Un album à la fois structuré et déstructuré. Troublant car il est paradoxal sans être manichéen. Sincère, nostalgique, authentique.
Un album timide, émouvant.
"Good Morning, Africa" se passe de tout égo. C'est une canalisation d'émotions, et l'humain étant de nature assez complexe, d'émotions qui peuvent se révéler contraires. On passe de la pluie au beau temps, de l'abstrait au concret, de l'ancien au nouveau. Une contradiction que l'on aimerait peut-être un peu plus poussée. Mais n'est-ce justement pas là tout le charme de l'album ? Le fait qu'il n'ose pas.
Encore une fois cette timidité.
Une très belle aventure hors du temps, avec quelques rappels à la réalité, comme si on était soudainement passé de l'autre côté du miroir.
Pour acheter c'est sur le site de Bookmaker !
M.J.Tapscott, c'est monsieur Odawas. Et c'est en sachant ceci que l'on comprend d'où vient le côté pop-rêveur du disque. Tapscott s'occupe de la naïveté de la pièce, tandis que Andrew Kenower s'amuse à déployer des draps de field-recording, d'ambient et de délicatesse.
Tapisser ainsi un travail musical est un travail d'orfèvre.
A l'image de la relation cover-titre ("Good Morning, Africa" avec des manchots et des couleurs froides...) l'album est décalé.
Trente-cinq minutes totalement à côté de la plaque.
Tout ceci, l'univers de cette galette, me fait penser à un arc-en-ciel (encore un coup de la cover ?). Coloré, lointain, objet de désirs et d'admiration béate sans que l'on puisse y poser des mots. Une bijou pluvieux, mais réjouissant. C'est touchant.
Et un arc-en-ciel n'est jamais seul. Il est toujours accompagné d'un second. Et ce second, c'est les moments de réécoute. Autant un disque de Folk, je le passe une fois et je m'en lasse tant c'est "simpliste", autant ici la collaboration fait des merveilles. Beaucoup de sons. Vraiment beaucoup, ce qui permet de revenir après une dizaine d'écoutes tout en s'émerveillant autant sur les nappes abîmées de The Polo Ground ou sur la moiteur digne d'une mousson sur Who'll Stop the Rain. Et c'est un atout.
D'autant que c'est admirablement bien mixé (James Plotkin...). Tout feutré, discret. Aucun instrument ne bouche l'autre. Au contraire, c'est doux. Les petites réminiscences '70 revues façon XXIe siècle bien sombre passent sans problèmes, tant et si bien qu'une autre collaboration m'est venu à l'esprit, celle de Catherine Ribeiro + Alpes. Au niveau musical en tant que tel, pas tellement de comparaisons possibles. Mais au niveau de l'atmosphère, c'est un peu ce que ça donnerait modernisé et passé au filtre de l'ambient. Un disque proto-hippie, inclassable.
Car on a à la fois ces côtés "chansons qui restent dans la tête", mais aussi le fait qu'on ne pourra jamais le chanter comme du Ribeiro justement. La musique est trop floue pour ça.
Astucieux mélange pour faire revenir sur ses pas l'auditeur...!
Un album à la fois structuré et déstructuré. Troublant car il est paradoxal sans être manichéen. Sincère, nostalgique, authentique.
Un album timide, émouvant.
"Good Morning, Africa" se passe de tout égo. C'est une canalisation d'émotions, et l'humain étant de nature assez complexe, d'émotions qui peuvent se révéler contraires. On passe de la pluie au beau temps, de l'abstrait au concret, de l'ancien au nouveau. Une contradiction que l'on aimerait peut-être un peu plus poussée. Mais n'est-ce justement pas là tout le charme de l'album ? Le fait qu'il n'ose pas.
Encore une fois cette timidité.
Une très belle aventure hors du temps, avec quelques rappels à la réalité, comme si on était soudainement passé de l'autre côté du miroir.
Pour acheter c'est sur le site de Bookmaker !
Mastering by James Plotkin, dudes!
petit lien pour le bandcamp de bookmaker qui livre des choses intéressantes
jeudi 1 mars 2012
Giles Corey - Giles Corey
Aujourd'hui vous avez gagné un cours d'histoire. Car Giles Corey est l'une, si ce n'est LA victime la plus connue du Procès des sorcières de Salem. Incarcéré sans aucune raison valable, si ce n'est celle d'avoir copiné avec le grand Cornu, notre petit fermier refuse donc de plaider coupable, malgré la pression qui lui est infligée - accusation de sorcellerie, de meurtre, de satanisme...
Une histoire sans queue ni tête, qui se termine par une mort tout aussi étrange qu'on appelle la peine "forte et dure". Une petite gâterie consistant à écraser le corps de la victime jusqu'à ce que mort s'en suive par accumulation de pierres sur ce dernier. Corey mit trois jours à mourir, et sa femme se pendra juste après après.
Dan Barrett dans cet album s'inspire de cette nostalgie, de cet absurde digne de Ionesco. Funeral Folk serait le mot s'il fallait définir ceci.
L'atmosphère commence plombée, piano un chouilla désaccordé et voix entremêlées dans une litanie des ombres que n'aurait pas rechigné Hexentanz. Et tout au long du disque, c'est dépouillé, minimaliste. Le son est consciemment vieilli, agrémenté de samples étranges, d'orgue, de percussions rituelles... mais aussi de folk douce, aérienne et posée. Ce Giles Corey est vraiment un voyage à l'intérieur de l'âme, où les retournements d'humeur sont de mise. Je ne peux pas m'empêcher de penser à du Doom, voir du Funeral Doom à la Colosseum. Étrange car ça n'a rien à voir dans le style, mais cette beauté, cette tristesse... Ce chant offert aux émotions négatives, avec tant de calme. On pense l'album fragile, voir simple à première vue, mais c'est un géant implacable qui se rue sur notre cœur pour l'ajouter à ses trophées. Toute cette solitude, toute cette détresse, et en un premier jet. Car c'est bien le premier album de Corey que l'on a entre les mains.
C'est beau à en pleurer, et rien que les paroles ont un don pour accrocher les sentiments dans leurs barbelés.
"I want to feel like I feel when I'm asleep.."
Petit anachronisme, mais il est en un sens assez proche du Ἀποκάλυψις de Chelsea Wolfe, devenue maintenant référence dans la folk lo-fi.
On navigue dans un misérabilisme ténébreux entre folk et ambient. Et en réalité ce qui le distingue de la scène lo-fi, c'est bien cette atmosphère, onirique, et à fleur de peau. Et nous, pauvres auditeurs, nous donnons en esclaves à ses hymnes tragiques. L'Antigone de Sophocle passerait presque pour un Happy-end hollywoodien, tant le disque parvient à être touchant dans sa sobriété. C'est irrépressible, on est happé dans la colère rentrée de la batterie en arrière-plan, et hypnotisé par le chant si vulnérable de Barrett. De ce côté c'est à Rivulets que je pense, avec un entrain tout à fait magique et désenchanté.
Mais ce Giles Corey a le bon ton de ne jamais tomber dans les gémissements. On ne se morfond pas, on se perd, on s'oublie, on s’efface face à la fatalité - peut-être l'une des dernières choses que nous partageons tous.
Étrange que de dire cela, mais paradoxalement, cette petite offrande fait un bien fou. Certes déchirant ("Ce qui n'est pas déchirant est superflu, en musique tout au moins." Cioran), cela n'en est pas moins apaisant. On se sent immergé, entouré et bercé par ce flot de beauté dans toute sa simplicité, cette magie qu'un enfant de cinq ans trouve en regardant les nuages. Au fond de ce puits de douleur sans fond, Corey esquisse un sourire. Ce n'est pas un appel au désespoir. C'est un appel au rêve.
Listen, buy, worship, die
Une histoire sans queue ni tête, qui se termine par une mort tout aussi étrange qu'on appelle la peine "forte et dure". Une petite gâterie consistant à écraser le corps de la victime jusqu'à ce que mort s'en suive par accumulation de pierres sur ce dernier. Corey mit trois jours à mourir, et sa femme se pendra juste après après.
Dan Barrett dans cet album s'inspire de cette nostalgie, de cet absurde digne de Ionesco. Funeral Folk serait le mot s'il fallait définir ceci.
L'atmosphère commence plombée, piano un chouilla désaccordé et voix entremêlées dans une litanie des ombres que n'aurait pas rechigné Hexentanz. Et tout au long du disque, c'est dépouillé, minimaliste. Le son est consciemment vieilli, agrémenté de samples étranges, d'orgue, de percussions rituelles... mais aussi de folk douce, aérienne et posée. Ce Giles Corey est vraiment un voyage à l'intérieur de l'âme, où les retournements d'humeur sont de mise. Je ne peux pas m'empêcher de penser à du Doom, voir du Funeral Doom à la Colosseum. Étrange car ça n'a rien à voir dans le style, mais cette beauté, cette tristesse... Ce chant offert aux émotions négatives, avec tant de calme. On pense l'album fragile, voir simple à première vue, mais c'est un géant implacable qui se rue sur notre cœur pour l'ajouter à ses trophées. Toute cette solitude, toute cette détresse, et en un premier jet. Car c'est bien le premier album de Corey que l'on a entre les mains.
C'est beau à en pleurer, et rien que les paroles ont un don pour accrocher les sentiments dans leurs barbelés.
"I want to feel like I feel when I'm asleep.."
Petit anachronisme, mais il est en un sens assez proche du Ἀποκάλυψις de Chelsea Wolfe, devenue maintenant référence dans la folk lo-fi.
On navigue dans un misérabilisme ténébreux entre folk et ambient. Et en réalité ce qui le distingue de la scène lo-fi, c'est bien cette atmosphère, onirique, et à fleur de peau. Et nous, pauvres auditeurs, nous donnons en esclaves à ses hymnes tragiques. L'Antigone de Sophocle passerait presque pour un Happy-end hollywoodien, tant le disque parvient à être touchant dans sa sobriété. C'est irrépressible, on est happé dans la colère rentrée de la batterie en arrière-plan, et hypnotisé par le chant si vulnérable de Barrett. De ce côté c'est à Rivulets que je pense, avec un entrain tout à fait magique et désenchanté.
Mais ce Giles Corey a le bon ton de ne jamais tomber dans les gémissements. On ne se morfond pas, on se perd, on s'oublie, on s’efface face à la fatalité - peut-être l'une des dernières choses que nous partageons tous.
Étrange que de dire cela, mais paradoxalement, cette petite offrande fait un bien fou. Certes déchirant ("Ce qui n'est pas déchirant est superflu, en musique tout au moins." Cioran), cela n'en est pas moins apaisant. On se sent immergé, entouré et bercé par ce flot de beauté dans toute sa simplicité, cette magie qu'un enfant de cinq ans trouve en regardant les nuages. Au fond de ce puits de douleur sans fond, Corey esquisse un sourire. Ce n'est pas un appel au désespoir. C'est un appel au rêve.
Listen, buy, worship, die
Mastering par James Plotkin, dudes.
Libellés :
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lo-fi
jeudi 23 février 2012
Preterite - Pillar of Winds
Handmade Birds a un flair pas possible. Non content de sortir perles sur perles, il fallait qu'ils ajoutent à leur catalogue ce projet magnifique qu'est celui de Geneviève Beaulieu, aka Menace Ruine.
Eh oui, Preterite est le side-project de cette grande figure du Drone, mais pas seulement. Car le projet est partagé avec James Hamilton (créateur de Nebris, groupe de Dark ambient "organique" et autres recherches musicales). Bref, un duo québecois qui s'annonce explosif rien qu'en voyant le line-up !
En réalité, pas d'extravagance musicale ici, seulement une heure de folk bien dronisante. Accordéon, incantation, guitares fuzzy et répétitives. La preuve en est : ça marche très bien. Au final ce n'est pas très loin de Menace Ruine, on y ajoute seulement un peu plus de folklore, et on enlève un peu de mur sonore. A noter qu'ici aussi, c'est Geneviève qui s'occupe des guitares. Et -mais est-ce bien nécessaire de le préciser ? - c'est ritualiste à souhaits. Sa patte est très facilement décelable, mais je pense que le côté naturel - dans le sens organique - qu'on retrouve dans le son est pas mal lié à Hamilton, car c'est quelque chose qu'on ne retrouve pas dans Menace Ruine.
Je dois reconnaître une chose : la première écoute de ce disque m'a donné mal au crâne. Mais le jeu en vaut la chandelle. Il faut s'acharner un peu, et après quelques écoutes attentives, c'est un véritable bijou - si ce n'est un bonbon! Preterite est rêveur, puissant, hypnotique. Un peu comme le The Die is Cast de MR, en fait. Mais en beaucoup plus... païen. C'est peut-être ça. En vérité on pourrait presque rapprocher ce disque de la bande originale de The Wicker Man par Paul Giovanni. En plus drone, cela va de soi.
Pour autant, on ne peut pas dire s'ennuyer, le disque n'est pas lent. C'est plein de brouillard, c'est abstrait et fuyant comme le vent, mais justement. Le disque vous entoure et vous transporte dans son monde. A croire que Geneviève vous tient la main et vous montre toutes les beautés naturelles que contient le monde.
C'est d'ailleurs sa voix qui donne toute sa force, et sa ligne directrice au disque.
Folk, sûrement.
Entre Current 93, Hexvessel et Kinit Her, certainement.
Apocalyptique, psychédélique, magique.
Acheter et écouter un peu
All artists > more artists > Preterite pour un extrait
A noter : S. de Menace Ruine sort une tape de son side S/V\R (prononcez "sévère"), et ça a l'air de sévèrement (haha) dépoter ! Extrait
Eh oui, Preterite est le side-project de cette grande figure du Drone, mais pas seulement. Car le projet est partagé avec James Hamilton (créateur de Nebris, groupe de Dark ambient "organique" et autres recherches musicales). Bref, un duo québecois qui s'annonce explosif rien qu'en voyant le line-up !
En réalité, pas d'extravagance musicale ici, seulement une heure de folk bien dronisante. Accordéon, incantation, guitares fuzzy et répétitives. La preuve en est : ça marche très bien. Au final ce n'est pas très loin de Menace Ruine, on y ajoute seulement un peu plus de folklore, et on enlève un peu de mur sonore. A noter qu'ici aussi, c'est Geneviève qui s'occupe des guitares. Et -mais est-ce bien nécessaire de le préciser ? - c'est ritualiste à souhaits. Sa patte est très facilement décelable, mais je pense que le côté naturel - dans le sens organique - qu'on retrouve dans le son est pas mal lié à Hamilton, car c'est quelque chose qu'on ne retrouve pas dans Menace Ruine.
Je dois reconnaître une chose : la première écoute de ce disque m'a donné mal au crâne. Mais le jeu en vaut la chandelle. Il faut s'acharner un peu, et après quelques écoutes attentives, c'est un véritable bijou - si ce n'est un bonbon! Preterite est rêveur, puissant, hypnotique. Un peu comme le The Die is Cast de MR, en fait. Mais en beaucoup plus... païen. C'est peut-être ça. En vérité on pourrait presque rapprocher ce disque de la bande originale de The Wicker Man par Paul Giovanni. En plus drone, cela va de soi.
Pour autant, on ne peut pas dire s'ennuyer, le disque n'est pas lent. C'est plein de brouillard, c'est abstrait et fuyant comme le vent, mais justement. Le disque vous entoure et vous transporte dans son monde. A croire que Geneviève vous tient la main et vous montre toutes les beautés naturelles que contient le monde.
C'est d'ailleurs sa voix qui donne toute sa force, et sa ligne directrice au disque.
Folk, sûrement.
Entre Current 93, Hexvessel et Kinit Her, certainement.
Apocalyptique, psychédélique, magique.
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A noter : S. de Menace Ruine sort une tape de son side S/V\R (prononcez "sévère"), et ça a l'air de sévèrement (haha) dépoter ! Extrait
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