.PLEASURELAND.
Les infrabasses dans une maison de cire, les poupées figées et les litres de têtes à terre. J'ai planté un genoux en cieux, et pris peur devant la folie stratosphérique de mon quotidien. Je pense à remplacer mon café par de la morphine. Je ne suis pas encore absent mais j'aimerais que l'on me considère ainsi, je n'ai rien choisi, ni d'être ni de ne pas avoir envie d'y être. Je suis la terre, je suis la terre.
La basse qui fait fondre les poupées avant d'exploser comme le colis piégé que je suis : un beau kamikaze. Toutes ces ondes me déforment la vue, les gens se ralentissent et prennent des airs de monstres bons pour le cirque des horreurs. La langue pendue et le regard de-même, j'avance en messie aux devants d'une foule qui ne m'acclame pas, ne me connais pas, se ralentit, se ralentit. Un mauvais film, qui n'est pas un navet puisque c'est ta vie. C'est une parodie. Une VHS de série-B qui aimerait se retrouver dans la section chef-d’œuvre mais qui n'amène que regrets. De l'avoir vu, acheté, consommé, avalé. On en a bu les images sans qu'elle ait la politesse de nous regarder, et ce n'est pas une question de perspective, tout est à chier. Boire sa propre vie est à chier, et quoi que je dise c'est déjà terminé, ma mauvaise foi l'emporte, il n'y a plus rien à sauver. Tout est effrayant, grouille, de ma tête aux petits-déjeuners. Ma solution n'est pas de le prendre avec le sourire. C'est de le prendre tout court. Contre un mur, ou sur la table, sauvage, prendre le temps par derrière.
Je ne joins pas ici une piste de Black Mass, mais bien une sortie sur une petite compilation, tout simplement car elle représente mieux l'univers du groupe. Et que c'est à mon goût la meilleure. Pour ce qui est de M S C RA, le projet en lui-même lorgne vers la witch house et le dark ambient. Rythmiques posées et entrainantes sur fond de chants et samples possédés, profondément tristes. Un excellent projet de ce genre souvent poubelle - qui me fait en un certain point penser à imon.
Voici le bandcamp pour Black Mass ainsi qu'un clip de la chanson B()nes.
You can't bite your own teeth.
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dimanche 28 avril 2013
samedi 2 mars 2013
Yansen - Schamanensang
"Ô de notre bonheur, toi, le fatal emblème !" (Mallarmé, Toast Funèbre)
Là où un groupe comme Wardruna magnifie la musique traditionnelle et rituelle de son pays, la rendant entraînante et, en réalité, la remettant du coup à jour, Yansen se rapproche beaucoup plus de la vision que l'on devrait avoir de la musique traditionnelle : un vieux sage entrain de déblatérer des mantras incompréhensibles avec les quelques dents qui lui reste, accoudé sur sa tige de chêne millénaire.
En vérité, ce Schamanensang se rapproche beaucoup des travaux de chez Aural Hypnox - où plus précisément de la "Ur-music". La musique primitive. On y retrouve des fragments proches de l'amérindien, mais aussi parfois étonnement imprégnés des chants tibétains. Le chanteur de Yansen truffe son chant de polyphonie - et au final on s'éloigne de ce "faux-rituel" qu'émule si bien Arktau Eos pour adopter le style chant indien avec un peu plus de reverb' pour un côté un tantinet dark ambient. Mais point trop n'en faut. C'est le minimum syndical, Yansen n'est en fait pas charmeur du tout : et il n'y a pas besoin de grand chose pour leur musique. Quelques clochettes, une voix d'édenté, un didgeridoo discret, un tambour plat comme l'encéphalogramme d'une huitre et une guimbarde. Pas de surfait, pas de séduction avec un mix aux petits oignons. C'est rituel, donc c'est raw, et c'est tout.
Le côté très oppressant du disque plombe peut-être un tantinet le côté authentique, tout comme le syncrétisme (culture nordique, mongol, amérindienne, vietnamienne, péruvienne, de Touva [cf.Oidupaa Vladimir Oiun], voir australienne avec le didgeridoo). Mais le fait est que le départ vers le royaume des Dieux, vers l'illumination, est rapide, inquiétant et le shamane n'est pas là pour nous tenir la main lorsque l'on combat les esprits après avoir avalé des champignons à la toxicité plus que dangereuse.
Yansen a ceci de particulier que l'on imaginerait le gus jouer au milieu de nulle part, dépouillé et rustique comme sa musique, mais ce n'est pas le cas. Le projet d'Alexei Tikhonov vient de Berlin, et donne dans une musique rituelle qui, pour une fois, ne fait pas dans la dentelle, dans la beauté ou le païen romancé. C'est rude, brut de décoffrage, et à l'univers un peu psychotique - sûrement dû aux substances souvent utilisées dans les rituels traditionnels. Enfin un groupe qui se rapproche sans trop de fioritures de l'ancien du village qui pète un câble et convulse en balbutiant des assemblages de mots dans sa langue natale.
Un groupe qui pourrait finir sur l'intéressant blog Ritualistic Nature, que je vous conseille si ce genre de musique vous intéresse.
Téléchargement gratuit chez le label
Là où un groupe comme Wardruna magnifie la musique traditionnelle et rituelle de son pays, la rendant entraînante et, en réalité, la remettant du coup à jour, Yansen se rapproche beaucoup plus de la vision que l'on devrait avoir de la musique traditionnelle : un vieux sage entrain de déblatérer des mantras incompréhensibles avec les quelques dents qui lui reste, accoudé sur sa tige de chêne millénaire.
En vérité, ce Schamanensang se rapproche beaucoup des travaux de chez Aural Hypnox - où plus précisément de la "Ur-music". La musique primitive. On y retrouve des fragments proches de l'amérindien, mais aussi parfois étonnement imprégnés des chants tibétains. Le chanteur de Yansen truffe son chant de polyphonie - et au final on s'éloigne de ce "faux-rituel" qu'émule si bien Arktau Eos pour adopter le style chant indien avec un peu plus de reverb' pour un côté un tantinet dark ambient. Mais point trop n'en faut. C'est le minimum syndical, Yansen n'est en fait pas charmeur du tout : et il n'y a pas besoin de grand chose pour leur musique. Quelques clochettes, une voix d'édenté, un didgeridoo discret, un tambour plat comme l'encéphalogramme d'une huitre et une guimbarde. Pas de surfait, pas de séduction avec un mix aux petits oignons. C'est rituel, donc c'est raw, et c'est tout.
Le côté très oppressant du disque plombe peut-être un tantinet le côté authentique, tout comme le syncrétisme (culture nordique, mongol, amérindienne, vietnamienne, péruvienne, de Touva [cf.Oidupaa Vladimir Oiun], voir australienne avec le didgeridoo). Mais le fait est que le départ vers le royaume des Dieux, vers l'illumination, est rapide, inquiétant et le shamane n'est pas là pour nous tenir la main lorsque l'on combat les esprits après avoir avalé des champignons à la toxicité plus que dangereuse.
Yansen a ceci de particulier que l'on imaginerait le gus jouer au milieu de nulle part, dépouillé et rustique comme sa musique, mais ce n'est pas le cas. Le projet d'Alexei Tikhonov vient de Berlin, et donne dans une musique rituelle qui, pour une fois, ne fait pas dans la dentelle, dans la beauté ou le païen romancé. C'est rude, brut de décoffrage, et à l'univers un peu psychotique - sûrement dû aux substances souvent utilisées dans les rituels traditionnels. Enfin un groupe qui se rapproche sans trop de fioritures de l'ancien du village qui pète un câble et convulse en balbutiant des assemblages de mots dans sa langue natale.
Un groupe qui pourrait finir sur l'intéressant blog Ritualistic Nature, que je vous conseille si ce genre de musique vous intéresse.
Téléchargement gratuit chez le label
lundi 9 juillet 2012
Minamata After Dark - Untitle
Minamata. Torture. Alienation. Perverse. Insondable. Noir. Maladive. Stigmate. Amour. Discipline. Désobéissance. Anti. Joug. Dépravée. Snuffer. Extrême. Toxique. Dérangeante. Dévastée. Mauvaise. Enfer(mée). Explosive. Instable. Belliqueuse. Déchirante. Dangereuse. Démente. Esclave. Pestiférée. Miraculée. Inapte. Différente. Seule. Vide. Nihiliste. Pessimiste. Je-m'en-foutiste. Abyssale. Hallucinée. Joueuse. Détruite. Prophète. Charbonneuse. Cathartique. Sadique. Étrange. Colère. Rire. Mort. Solitude. Abîmée. Joie. Joie. Joie. Après. Drogue. Violence. Inhumaine. Totalement. Absolue. Irréelle. Abrasive. Illogique. Divine. Sauvage. Amorale. Intangible. Traumatisme. Haine. Destruction. Amour. Noir. Déraison. Réprouvée. Angoissante. Nerveuse. Enfantine. Minimale. Animale. Nocturne. Intransigeante. Calme. Incisive. Tranchante. Contemplative. Industrielle. Marginale. Sulfureuse. Noire.
L'échafaud serait pour moi le trône de mes voluptés, j'y braverais la mort en jouissant du plaisir d'expirer victime de mes forfaits.
Libellés :
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Minimata After Dark
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