dimanche 19 février 2012

White Ring - A White Earth, This Time ?

White Ring, le miraculé de la scène Witch House, est de retour après un "Black Earth That Made Me" tristement amer. On se souvient de la froideur du canon de flingue sur "Ixc999", ou encore des cris désespérés "The ocean still lays, The gods still pay" sur "We Rot". Qu'en est-il des porteurs de flambeau de l'éléctro déchéante ?
Ce 12" qu'est Hey Hey, My My / Felt U est ma foi très différent des premiers travaux du groupe. Tout d'abord, la première piste. Audacieuse reprise de la chanson de Neil Youg, à grands coups de voix vaporeuse et de nappes épileptiques alternées avec des passages plus calmes agrémentés d'un piano discret.
WR aime jouer les contrastes... Mais les petites montées en puissance dans la chanson font mèche à chaque fois.
Quant à Felt U... Que dire de ce goût qu'il nous laisse ? La tristesse et la solitude hantent définitivement cette chanson. Les glitches à tout va et la batterie schizophrénique sont menés avec maestria, tandis que Kendra Malia lance des cris de toute beauté.
Si ce groupe trouve toute sa puissance sur scène, il n'en reste pas moins que ce 12" est un petit bijou que vous ne verrez pas passer. Felt U, sombre éclair, se terminera dans une telle béatitude que la première chanson repartira déjà, et vous prenez alors un second ticket pour le manège White Ring.
Vicieux mais délicieux.
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samedi 18 février 2012

Sl∞p

A peine levé, mal au crâne... J'ai du prendre un peu trop de reverb' hier soir. Alors... "Forever" de Sleep ∞ Over. Oui, la reverb est bien au programme. De la darkwave bien rêveuse, cotonneuse même. Pas grand chose à dire dessus, mis à part que l'on est perdu entre Cristal Castles et Power X. Ça pulse en arrière-plan, les chants s’emmêlent, ma tête aussi... Ce disque donne envie de pousser le son au maximum, de s'allonger sur le sol, où que l'on soit, se recroqueviller en position fœtale et laisser la vie couler... Le nom du groupe est donc bien choisi, de même pour la délicieuse pochette sucrée. C'est une réussite...
Pour écouter c'est plus bas




Pour acheter ça se passe ici

Celer - Some Butterflies In My Head...

Aaaaaaaah, Celer... Un groupe très productif. Peut-être trop par moments, mais on ne peut pas lui reprocher ceci. D'une car tout est gratuit, et de deux car quoi qu'on en dise, Celer a su se faire un son.
Et Butterflies, sans être un grand nom de la scène... est une sacrée bête.
En effet, quatre, non pardon, cinq titres ! De quarante minutes chacun, formés uniquement de loops répétés. Alors ? Raté ? Réussi ?
Je dirais que je n'ai rien entendu de tel avant, et qu'il est donc impossible de le comparer à quelque chose... sauf à un petit fil sur lequel reposerait tout le poids de l'univers. Il arrive à bout de souffle. Et Celer l'a enregistré pour nous. Un son distant et faible, incertain, cristallin. Le monde vu par Celer est celui d'un aveugle avide de toucher.
Et on écoute le bijou ici

Gimu - A Prayer For Time

Gimu s'amuse avec l'innocence d'un enfant d'un an à nous livrer des titres de 10min qui ne sont que des boucles répétées. Ce n'est pas sans me rappeler un certain Celer et son "Butterflies". Cet album aurait coûté cher, je l'aurais dit dispensable. Mais Heat Death Records a su raison garder, et au prix où c'est, il vous faut foncer. Foncer vous échouer sur une plage, toujours la même. Dès que l'on ferme les yeux. Ces vagues immobiles... ces nuages qui tissent les pluies au loin.
Une prière certes, pour un temps à jamais arrêté.
Efficace, mélancolique et nuageux... Averse passagère garantie.
Ça s'achète ici
Et ça s'écoute

I'm not sad, folks. I'm a dreamer.

Saåad, oui. Saåad...
L'été est décalé, et les arbres gèlent. Comme vous, lorsque vous écoutez ce duo toulousain. Quelques réminiscences shoegaze mixée à l'éléctro - dans le style de M83, sans le côté lent et bobo. Quelques rêves délavés et usagés. Quelques souvenirs oubliés, refoulés... Un choc violent, inattendu. D'un coup. Et un réveil, à moitié dans le monde réel, à moitié dans les vapes. Une sortie de coma. Un tunnel blanc dont on peut se délecter sans rien risquer.
Totalement abstrait et lointain, pourtant si près de ce que nous sommes, tous, au fond.
Une lumière, une étincelle, celle d'une génération éteinte, mais qui stock les souvenirs. Oubliés. Refoulés.
Delayed Summer tape très haut avec un post-post-rock céleste. La puissance universelle, la lenteur et le silence de la Nature passés en accéléré. Après tout peut-être que la vie est la plus belle musique.
Dommage en tous cas qu'elle soit limitée à 44 exemplaires d'ores et déjà sold-out...
Mais pour écouter, c'est possible par ici

Postdrome - Never Without

Postdrome... Un groupe qui certainement - et ce malgré une grande discrétion - restera dans les mémoires. Ici, un ambient des plus épuré, parfois rappelant les bruits de l'océan, parfois le bruit de la cigarette qui se consume lorsque l'on est sous un auvent un jour de pluie.
Au-delà de ces subjectivités, "Never Without" a un mérite et pas des moindres : nous transporter à des milliers de kilomètres en quelques nappes sonores. La grande profondeur des sons n'y est pas pour rien, et les amateurs d'ambient n'y sont pas étrangers. Certes, mais alors quoi de plus ici qu'ailleurs ?
La sincérité. Chaque "glitch" électronique, petits bugs d'arrière-plan, semble sorti du cerveau - un chouilla planté! - de Charlie Floyd. Le plantage se répand, c'est un bug généralisé. Dans le piano à queue, ou dans la voix. Tout à planté.
Une perle prismatique.
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mardi 14 février 2012

Spear of Gold and Seraphim Bone


Comme je le disais à un ami c'est le "Murmuüre de la noise" en ce sens qu'il est assez céleste, mais aussi complétement occulte et mystique. Des touches d'"éléctro" aérienne par dessus la nappe noise qui s'approche du résultat que ferait une tape de Black oubliée et maltraitée qui ressort d'un coup des profondeurs de la terre. Car oui, il y a de la batterie, du chant et toutes sortes de sonorités d'outre-tombe. Je suis bien content de mon achat, même si le soi-disant packaging "vinyl-like" n'est pas réussi. A vos casques! C'est une aventure qui laisse des traces - et leur meilleur enregistrement.